Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
Portrait

Vincent Munier, photographe animalier français et ambassadeur de Nikon, revient au Festival de Montier-en-Der pour présenter sa nouvelle expédition, Tibet Minéral Animal, centrée sur la fascinante et énigmatique panthère des neiges.

Connu pour ses clichés magnifiques sur les espèces animales et la nature sauvage de l’hémisphère nord, encore non touchée par l’homme, Vincent Munier reprend fidèlement ses quartiers au Festival de Montier-en-Der (Haute-Marne), ce rendez-vous de la photographie animalière et de nature unique en France. Parrain de cette 22e édition, qui se déroule du 15 au 18 novembre, aux côtés de Jacques Perrin, réalisateur de Microcosmos et Le Peuple migrateur, le grand photographe vosgien, l’un des tout premiers à y présenter ses travaux, a dévoilé sa nouvelle exposition, Tibet Minéral Animal, qui offre à découvrir des images précieuses de la panthère des neiges -aussi appelée leopard des neiges- dans un « monde suspendu entre terre et ciel ».

Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier

Pister l’insaisissable

Après avoir exploré le grand nord canadien, la taïga russe ou encore les déserts arctiques, cet artiste de l’image de 42 ans est parti à la rencontre de cette bête suzeraine et majestueuse à la fourrure tachetée sur les hauts plateaux tibétains. Il aura fallu six expéditions au long cours depuis 2011, une endurance, une résistance et une patience à toute épreuve, pour que Vincent Munier réalise à nouveau l’un de ses rêves, celui d’immortaliser sur son appareil photo ce « fantôme des montagnes » à plus de 5000 mètres d’altitude lors de son troisième voyage. Comme il le formule « La trouver est un graal, pour bien des voyageurs. Sa quête ensorcelle : il faut se briser les yeux sur la roche, sur la neige, sur le dos de chaque montagne pour espérer l’apercevoir. ». Ce voyageur passionné, amoureux de la nature, s’est rendu dans un « sanctuaire préservé pour des espèces endémiques et méconnues » dans l’une des dernières immensités vierges du globe, situées dans la région du Kham.

Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier

Dans une variation de couleur, il partage ainsi sa vision poétique, dévoilant toute la beauté brute des vastes espaces où évolue également une faune difficile à trouver, comme le chat de Pallas, les loups et renards du Tibet, les grands rapaces, les yacks, les kiangs (ânes sauvages), les bharals de l’Himalaya… « Le titre, Tibet Minéral Animal, c’est la capacité de cette bête, parfaitement adaptée à son habitat naturel, de pouvoir se fondre dans son environnement et se rendre quasi invisible », explique Marine de Lacoste, sa collaboratrice aux éditions Kobalaan qu’il a fondé. Cette rencontre unique, il la présente en détail dans son nouveau livre photographique, agrémenté de la plume poétique de Sylvain Tesson, écrivain voyageur derrière Dans les Forêts de Sibérie qui fut adapté au cinéma. Mais aussi dans son carnet de voyage, Promesse de l’invisible, qui raconte les coulisses de son voyage, y compris ses nombreuses difficultés physiques liées à l’altitude.

Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
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Nature nomade

Plus d’une trentaine d’images fascinantes sont ainsi présentées à Montier-en-Der, nous immergeant dans cette quête de l’impossible et ce Tibet sauvage aux conditions climatiques extrêmes où la température avoisine les -30°.  À travers ces deux livres passionnants qui accompagnent l’exposition et un documentaire de Marie Amiguet, l’une des compagnons de route de Vincent Munier, ce projet aux mille facettes prend vie pour la première fois autour d’une de ses expéditions septentrionales, qui met également en lumière ses rencontres avec les nomades : « Le peuple tibétain continue d’être opprimé par les chinois et voyager là-bas reste très compliqué » souligne Marine de Lacoste « Vincent s’est souvent heurté aux autorités chinoises, accusé de prendre des images de la population locale et de la misère. Ce fut pesant, mais sa passion et l’envie de repartir l’ont toujours tenu ».

Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier

À l’heure des grands enjeux sur le changement climatique et sur la biodiversité, en référence au récent rapport du WWF révélant que 60% des animaux sauvages ont disparu sur Terre en moins de cinquante ans, Vincent Munier pose aujourd’hui un regard de plus en plus désespéré. En conclusion de son carnet de voyage, il dit s’inquiéter de l’impact de son travail sur la beauté de ces territoires sauvages, de plus en plus exploités par l’homme (barrages, mines), et ce tourisme de masse dans des zones naturelles préservées : « Les derniers refuges du sauvage méritent, pour pouvoir le rester, qu’on ne cède pas à l’attrait qu’ils exercent sur nous. La passion qui m’anime depuis si longtemps me mène dans une impasse. Il faudrait renoncer. »

Montier-en-Der : sur les traces de la panthère des neiges avec Vincent Munier
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Pour en savoir plus sur le Festival International de la photographie animalière et de nature de Montier-en-Der, visitez le site officiel : www.photo-montier.org

Vincent Munier

Photographe animalier français et ambassadeur européen de Nikon.

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  1. Guerrero dit :

    Un très beau reportage qui n’oublie pas d’évoquer une question de plus en plus essentielle…l’impact de l’observateur sur le sujet observé.

  2. Marlys dit :

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