Dans les coulisses d’un Grand Prix de F1 avec Didier Manseau

Interview

Il y a quelques mois, nous proposions une expérience unique à travers un jeu concours dans le cadre d’une exposition au Nikon Plaza dédié au photographe de F1 Mario Renzi. Cela consistait à accompagner ce photographe professionnel sur le Grand Prix de France qui se déroulait le week-end du 23 juin dernier. C’est Didier Manseau, photographe amateur et passionné, grand gagnant de cette opération, qui nous raconte son expérience.

Pourriez-vous nous expliquer votre parcours en quelques mots ?

Passionné de photo depuis mon plus jeune âge, j’allais passer des heures à ouvrir les albums remplis de photos noir et blanc que mon père avait développées bien avant ma naissance, et aussi des souvenirs de vacances de mes plus jeunes années. J’ai commandé très tôt un appareil photo au père noël, et il a assouvi mon vœu à l’age de 11 ans. Je me suis offert mon premier reflex pour mon bac, puis j’ai acheté mon premier NIKON Pro (un F5 pour son analyse exceptionnelle de la lumière) avec un superbe caillou (un 85mm qui ouvre à 1.4) quelques semaines avant la naissance de mon fils. Et depuis, je n’ai eu de cesse de photographier mes proches (essentiellement des portraits), pour retrouver, peut être avec le temps, ces mêmes images que celles devant lesquelles je passais des heures quand j’étais gosse. J’ai toujours le même plaisir à retrouver ces images du passé.

Bien évidemment, je photographie d’autres thématiques, mais ce que j’aime avant tout, c’est l’esthétisme, et cette capacité que nous procure la photo de capturer et figer pour l’éternité un moment qui ne se reproduira plus (une situation, des expressions, une lumière, …). Vous ne me verrez donc jamais photographier un monument que photographient des milliers de touristes ; mais dans ces lieux, très certainement par contre, un personnage qui a quelque chose d’atypique avec en toile de fond ce monument.

Comme j’aime les challenges, j’aime bien travailler sur des séries qui me poussent à avoir un regard spécifique et prédictif pour trouver la matière du sujet que je me suis imposé (souvent suite à une première photo). Mes dernières séries (toujours en cours) : les artisans du bâtiment dans leur environnement (NB), les enfants dans l’environnement des véhicules de collection (NB), et les reflets sur les carrosseries d’anciennes (Couleur et NB).

En quoi consistait le concours photo que vous avez remporté ?

J’ai découvert le concours en me rendant au Nikon Plaza pour faire changer une bague d’un objectif que j’avais cassé. Attiré par la thématique, moi qui ne participe jamais, j’ai participé, et j’ai eu la chance d’être l’heureux élu.

Connaissiez-vous le travail de Mario Renzi, que vous avez accompagné ?

Le plus grand des hasards a voulu qu’un mois avant de concourir, j’ai découvert le travail de Mario à l’occasion d’une exposition qu’il réalisait à l’Automobile Club de France place de la Concorde à Paris. J’avais été subjugué par ses photos, par ses lumières, par ces mouvements capturés ; et je suis sorti de cette expo pour essayer de trouver au plus vite un livre qui publierai ses photos.

Comment résumer cette expérience si spéciale ?

L’expérience est en premier lieu exceptionnelle de par les accès qui m’ont été donné d’être au cœur des paddocks, des stands, au bord de la piste, ou sur la pitlane pour vivre au plus près des acteurs du grand cirque de la formule 1. Ensuite elle a été exceptionnelle par l’attention que m’a porté Mario, malgré le travail qu’il avait à réaliser, pour m’expliquer les règles de sécurité, le lieu où il fallait être et à quel moment, pour pouvoir profiter au mieux et avoir la chance de capturer le maximum d’images.

Quel a été le programme de cette journée ?

On s’est tout d’abord retrouvé la veille au soir pour faire connaissance ; pour un premier briefing matériel (Mario s’était occupé de me réserver un 500mm et un D5 auprès de Christophe; encore Merci à tous les deux) ; et pour être sûr de se retrouver dans ces nombreux chemins tortueux qui entourent le circuit  sans perdre de temps le lendemain matin.

Le samedi matin ; direction le circuit dès huit heures, installation dans la salle de presse, récupération du matériel prêté par Nikon, puis direction les paddocks et la pitlane pour prendre les premiers repères, et voir le grand cirque se mettre en place. Ensuite départ pour le circuit pour être en place dès le début des essais libre du matin. Retour en salle de presse pour retrouver un peu de fraîcheur et regarder les premières images , avant de ressortir sur la Pitlane pour mesurer l’activité qui se passait dans les stands puis enchaînement pour les essais de l’après midi, avec les placements avisés recommandés par Mario pour pouvoir être au bon endroit au bord de piste, et dès la fin des essais.

Fin d’après midi pour refaire un tour dans les paddocks ( c’est l’heure des interview des pilotes) et revenir en salle de presse traiter les premières images. Départ du circuit un peu avant 20 heures et dîner sympatique en terrasse dans un petit village à coté du Castellet avec Mario et Christophe. Retour dans la chambre d’hôte que j’avais trouvé pour vider mes photos de cette première journée car je n’avais pas emmené mon ordinateur sur le circuit, et j’avais besoin de faire de la place sur mes cartes mémoires.

Nous sommes revenus très tôt le lendemain matin avant que la foule ne soit sur les lieux, et j’ai laissé Mario travailler de son coté ; pour ma part j’ai essayé de trouver l’endroit où il fallait être pour tout ce qui se passait comme événements avant la course, pendant la course, et à l’arrivée, sans oublier par moments un peu d’ombre compte tenu du soleil et de cette canicule du mois de juin.

Quelle est la spécificité de la photographie de sport mécanique selon vous ?

La spécificité est la difficulté qu’il y a dans les choix : savoir si vous déclenchez à haute vitesse pour avoir toute la netteté nécessaire (avec de surcroit la difficulté d’avoir le plan net désiré, tellement celui-ci se déplace vite et est dur à suivre) ; ou bien savoir si vous déclenchez à vitesse lente( lente ou bien  très très lente) avec le juste déplacement du boitier et de son objectif pour essayer de donner l’effet de vitesse que vous souhaitez donner. Celà ne réussit pas à chaque fois, et il faut essayer et encore essayer, et il faut accepter le déchet.

Quel est votre plus beau souvenir de cette expérience ?

Il y a beaucoup de beaux souvenirs : mais la rencontre avec Mario en est un des plus beaux ; ensuite ; ce sont les images qui restent et dont on se dit qu’elles sont uniques, et dont on a du plaisir d’avoir su capturer cet instant, et savoir qu’il est là à notre disposition pour les regarder à nouveau demain ou dans plusieurs années, et se remémorer cette expérience inoubliable.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Trouver la bonne vitesse de déclenchement pour ma première expérience à haute vitesse. Effectivement c’était la première fois que je photographiais des véhicules à haute vitesse. il va de soi que les repères habituels tombent : le temps dont on dispose parfois pour cadrer; et puis surtout l’image qu’on imagine une fois dans la boite.

Le plus dur est en fait de savoir ce que donnera un filé (et d’arriver à suivre les voitures au téléobjectif) en fonction de la vitesse de déclenchement entre 1/2s, 1/8 eme de s, 1/20eme de s, 1/100 eme de s, ou 1/1000eme de s; et surtout de pouvoir s’en rendre compte sur le seul écran de l’appareil photo. heureusement que j’ai pu regarder mes photos du premier jour sur l’ordinateur, avant la journée du lendemain pour obtenir des images conformes à ce que je souhaitais faire.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Continuer à promener mon appareil photo partout où je me déplace pour capturer des instants uniques et produire des images dont on aura toujours plaisir à les regarder simplement pour leur esthétisme, leur expression, l’émotion qu’elles dégagent, le coté humoristique, ou la marque du temps qu’elles impriment.

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