Sur les traces du photographe de Formule 1 Mario Renzi
Interview

Alors que la saison 2018 de Formule 1 bat son plein, le photographe professionnel Mario Renzi nous accorde un entretien pour découvrir cet univers à part.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Pourriez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Un jour un ami d’enfance, espoir du sport automobile français, Soheil Ayari m’a demandé de faire des photos de lui en piste. À l’époque, il évoluait en Formule Ford et moi je n’avais alors photographié avec mon Nikon FM2 et mon 35 mm Nikkor que des bâtiments. A ce moment, j’étais l’assistant d’un photographe d’architecture et d’urbanisme. Je l’ai accompagné ensuite au fil de ses promotions, cela jusqu’aux portes de la Formule A. C’était il y a vingt ans… vingt saisons de Formule 1 plus tard je suis le photographe officiel du championnat du monde.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi
Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Pourquoi vous spécialiser dans les sports mécaniques ?

La force que dégage une Formule 1 en pleine puissance, pleine vitesse mêlé au design aux couleurs qui les habille tout est rassemblé pour être retranscrit en image, c’est un sujet photographique inépuisable. Mon travail est de restituer cette force que dégage la machine et son pilote.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi
Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Quels sont vos plus beaux souvenirs de photographe ?

La première fois que j’ai du faire poser un pilote de formule 1 pour une série de portrait et quel pilote ! C’était Michael Schumacher.

Je devais le faire marcher sur la pit lane (l’endroit où se situe les stands avec un accès direct sur la piste) tôt le matin en combinaison. Il est arrivé avec sa manager, une casquette sponsor d’une banque allemande vissée sur la tête. Je me dis que je ne veux pas le photographier avec cette casquette et il m’a fallu de l’audace pour demander à ce déjà multiple champion du monde d’enlever sa casquette à plusieurs millions de dollars de sponsoring. Sa réponse a été simple : « je veux bien, demande à ma manager si elle est ok » et le résultat en image, » keepfighting Michael ».

Il y a aussi la fois où je devais pour la première fois réaliser en studio une série de portraits des vingt pilotes de formule 1 engagés lors des essais hivernaux précédant le premier grand prix. Lewis Hamilton est sans aucun doute le plus fashion de tous mais aussi le plus soucieux de son look avec un contrôle total de son image tel une rock star. Ce jour là il était un peu grippé et avait précédemment annulé un tournage pour un sponsor. À son arrivée je savais qu’il en faudrait peu pour qu’il repousse le shooting ! Apres une première série classique je lui est demandé une pose plus bad boy, il a accepté et a demandé a voir les photos après la bénédiction du multiple champions du monde j’ai obtenu celle ci.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Un photographe, mon ami Rainer Schlegelmilch un pionner, aujourd hui jeune retraité de 70 ans après 50 de Formule 1, un record que je n’égalerai pas ! Sans autofocus, en argentique, il a su capturer à son époque des images fortes contrastées et puissantes, à chacune de mes images réussies je le remercie d’avoir ouvert le chemin.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi
Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Comment travailler l’aspect artistique et esthétique dans la photographie de sport ?

En osant et surtout en anticipant un scénario d’une course, le choix de la place que l’on occupe à chaque moment de la course est primordial, le spectacle se déroule devant nous, à nous de savoir le capturer de la plus belle des manières.

J’ai longtemps travaillé en argentique, mes boitiers chargés en fuji velvia 50 lors de mon passage en numérique et mon obsession a été de retrouver la saturation, le contraste et la vivacité des couleurs que j’obtenais alors… c’est en travaillant en RAW avec des fichiers que l’on développe comme dans la chambre noire de l’époque et en jouant sur la densité que j’obtiens les images que je souhaite. Dans ma photographie la vitesse d’obturation va d’un extrême à l’autre, du 1/4 de seconde au 8000ieme de seconde, de la gerbe de feu provoquée par le frottement du fond plat de la F1 raclant le bitume au 8000 ieme pour figer les gouttes de champagne du podium !

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Quels conseils donneriez-vous aux débutants ?

Cherchez votre propre style , la signature d’une photographie est dans l’image elle même alors soyez reconnaissable.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Parlez-nous de votre relation avec le matériel Nikon 

Avoir confiance en son matériel c’est la meilleur façon de se libérer et réussir les meilleurs photos. Mon matériel Nikon me le permet à chaque grand Prix. Mes objectifs de prédilection, le 200mm f2, le 400mm f2.8 associé au doubleur des optiques à l’autofocus rapide et au piqué inégalable.

Sur le tracé du photographe de Formule 1 Mario Renzi

Quels sont vos projets pour la suite ?

Continuer à prendre du plaisir à photographier ce sport, le pinacle du sport automobile, et me familiariser aux réseaux sociaux. J’ai ouvert mon compte instagram il y’a quelques semaines seulement.

Mario Renzi

Photographe professionnel spécialisé dans la Formule 1.

son matériel

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