Bénédicte Kurzen et Sanne De Wilde, documentent la complexité de la gémellité au Nigéria

Reportage

Un nouveau projet photographique réalisé par les ambassadrices Nikon, Bénédicte Kurzen et Sanne De Wilde, examine les croyances divergentes concernant la gémellité dans la société nigériane contemporaine. Équipées du D850, du Z 7 et d’objectifs NIKKOR, les photographes se sont immergées dans diverses communautés : celle d’Igbo-Ora, où le taux de natalité des jumeaux est plus élevé que dans le reste du monde, celle de la ville d’Abuja, qui renferme une histoire plus sombre de la gémellité et enfin celle de Calabar où les traditions et les croyances ont évolué.

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

Le taux de natalité des jumeaux en Afrique occidentale est environ quatre fois plus élevé que dans le reste du monde. En raison de ce taux élevé, des croyances et des pratiques contradictoires, de la célébration et dévotion à la diabolisation, ont vu le jour au Nigéria et évolué au fil du temps. Dans de nombreuses régions, des sanctuaires sont dressés pour vénérer l’esprit des jumeaux, et les frères et sœurs sont encouragés à accepter leur ressemblance et à se sentir chanceux d’avoir un lien aussi fort. Dans d’autres lieux néanmoins, des rapports signalent que les jumeaux sont toujours assassinés car considérés comme des êtres malfaisants.

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

Surpasser les préjugés

N’ayant jamais travaillé en binôme avant ce projet, Bénédicte et Sanne ont uni leurs forces pour comprendre la gémellité au Nigéria, non seulement les perceptions de la société, mais aussi le lien génétique. Il en résulte des compositions et des portraits percutants de jumeaux en interaction.

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

Bénédicte Kurzen commente : « La gémellité est une figure emblématique dans de nombreux endroits du monde, et tout particulièrement au Nigéria. Étant donné l’image négative à laquelle le pays est confronté concernant son traitement des jumeaux, nous avons voulu examiner de plus près la mythologie complexe à la base de cette sombre histoire, tout en regardant également la situation d’ensemble ; en effet, dans la plupart des endroits, les jumeaux sont vénérés. »

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

Des croyances divergentes

Leur périple de douze semaines a commencé à Abuja, où, il y a quelques années à peine, il était encore rapporté que des jumeaux étaient persécutés à proximité, par des méthodes telles que l’empoisonnement. Le risque de décès pour la mère lors de l’accouchement étant plus courant avec des jumeaux, certaines personnes perçoivent encore ces derniers comme un danger pour l’existence de la communauté ou comme des êtres humains dotés de « pouvoirs étranges ».

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

À l’inverse, la ville d’Igbo-Ora célèbre sa culture de la gémellité, se nommant la « mère patrie des jumeaux » et leur consacrant un festival annuel. Ici, près de la totalité des maisons abritent au moins une paire de jumeaux et la communauté célèbre cette particularité.

NIGERIA, Igbo-Ora, Ocotber 2018. Igbo-Ora carries the nickname of twin capital of the world. British gynaecologist, Patrick Nylander, between 1972 and 1982, recorded an average of 45 to 50 sets of twins per 1000 live births in the southwest. The town, a small 80 kilometers from Lagos, is a sleepy town in Oyo state with a simple way of life, made up of mostly farmers and traders. It is considered the Twin capital of the world, and has the stone plinth that boasts of it.

Sanne De Wilde, commente : « Dans les sociétés occidentales, la gémellité est perçue comme quelque chose de biologique, mais en Afrique il s’agit du lien spirituel que vous construisez en partageant le ventre maternel. À Igbo-Ora, les jumeaux sont encouragés à accepter leur ressemblance et sont traités, habillés et nourris de la même manière jusqu’à un âge très tardif. Nous voulions communiquer cette symétrie avec nos images. »

Calabar, une ville du sud du Nigéria, est une région où les croyances ont évolué. À la fin du XIXe siècle, Mary Slessor, une missionnaire d’Écosse, s’y est installée et a ouvert une clinique dans un village isolé. En élevant des jumeaux, elle a réussi à mettre fin à leur infanticide, pratique courante du peuple Ibibio. Aujourd’hui, son héritage subsiste et on se souvient d’elle au Nigéria et en Europe pour l’impact qu’elle a eu.

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Le matériel

Les deux photographes ont utilisé le D850, qui associe définition, vitesse et sensibilité, pour immortaliser plus de cinquante jumeaux dans trois régions différentes du pays. Bénédicte a également utilisé le Z 7 lors de la dernière étape du projet à Calabar, associé à l’objectif NIKKOR Z 24-70mm f/4 S. Les objectifs AF-S NIKKOR 35mm f/1.8G ED, AF-S NIKKOR 58mm f/1.4G et AF-S NIKKOR 24-70mm f/2.8G ED étaient également de la partie.

Sanne commente : « L’incroyable qualité d’image du D850 signifie que, indépendamment du type d’image, grand-angle ou portrait, vous savez que le résultat sera parfaitement net tout en restant sensible à la lumière, aux nuances et aux expressions. De même, le boîtier léger et compact du Z 7 est précieux dans notre travail : nous sommes impatientes de le tester davantage lors de futurs projets. »

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En évoquant leur passion pour ce projet, Bénédicte conclut : « Le but de ce projet est de comprendre la complexité avec laquelle les jumeaux sont traités au Nigéria, et non de la simplifier. Nous avons parlé à des frères et sœurs extrêmement fiers de leur gémellité et du lien extraordinaire qu’ils entretiennent entre eux. D’autres jumeaux sont nés dans une société où la gémellité est condamnée et tentent d’éviter la symétrie et la ressemblance par peur des représailles. En nous immergeant dans le pays, ses sociétés et sa communauté de jumeaux, nous avons compris à quel point le passé douloureux de la gémellité est devenu un élément important d’un avenir où les jumeaux sont célébrés. »

À propos de Bénédicte et Sanne

Bénédicte et Sanne se sont rencontrées par l’intermédiaire de NOOR, un collectif de photographes axés sur l’éthique, qui prend position depuis une dizaine d’années en créant des récits percutants. NOOR est un collectif mondial multilingue de journalistes, auteur.e.s, photographes, artistes et cinéastes de talent qui documentent, enquêtent et témoignent sur notre monde.

NOOR, qui signifie « lumière » en arabe, a été créé en 2007 en tant que plate-forme permettant à ses membres de contrôler financièrement leur travail et de tirer parti de la puissance d’un groupe dans un paysage médiatique en mutation.

Pour en savoir plus sur le projet de Bénédicte et Sanne, consultez leur page Projet spécial.

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