Tutoriel : Faire ses premiers pas en Light Painting avec Romain Millet
Tuto

Le light painting est un art photographique qui consiste à réaliser une photo en pose longue et à créer un tableau dans l’espace en utilisant différentes sources lumineuses. Romain Millet, alias Rom light Painting, photographe spécialiste de cette technique, vous livre ses astuces pour bien débuter.

Toute la difficulté du light painting réside dans le fait que tout est réalisé en une seule prise, qui plus est dans un environnement sombre ! Pas de montage photo ou d’ajouts graphiques, avec un temps d’exposition pouvant varier de quelques secondes à plusieurs minutes. Découvrez ici quelques conseils et surtout faites-vous plaisir !

Bien choisir son matériel photo

  • Le boitier

Aujourd’hui il est possible de faire du light painting avec un reflex (numérique ou argentique), ou un hybride. La caractéristique à prendre en compte est la modification du temps de pose. La plupart des reflex et hybrides peuvent avoir un temps de pose modifiable manuellement jusqu’à 30 secondes.

Romain utilise un Nikon D610 depuis 2014 couplé à une télécommande radio. L’avantage est que le signal radio porte loin et s’affranchit des obstacles. De plus son boîtier est tropicalisé c’est-à-dire qu’il est résistant aux intempéries (indispensable pour une utilisation dans toutes les conditions).

  • Les objectifs

Comme en photo « classique », le choix des objectifs est fait en fonction des rendus et du cadrage que l’on souhaite. L’ensemble des gammes d’objectifs sont exploitables. Certains seront plus lumineux que d’autres, avec plus ou moins de piqué.

Romain travaille avec un objectif Nikkor transtandard 24/85mm qui permet de nombreuses possibilités : grand angle, zoom, et plans serrés ainsi qu’avec un Nikkor 50 mm f/1.8, idéal pour expérimenter de nouveaux effets comme le bokeh.

  • Le trépied

C’est l’un des éléments indispensables. Etant donné que la photo est prise en pose longue, l’appareil photo ne doit pas bouger, sous peine d’avoir une photographie floue. Il ne faut donc pas négliger cet accessoire, un bon trépied, stable et pratique, sera un allié considérable.

Le conseil de Romain : « Concernant le choix de l’ensemble du matériel, il n’est pas facile d’allier, poids, encombrement, et qualité de résultat. En effet un hybride ou un reflex moyenne gamme seront plus légers et moins encombrants, mais la qualité de l’image sera inférieure à celle d’un reflex plein format, qui sera plus lourd et plus gros (taille de capteur oblige).

Un trépied compact et léger est un avantage certain pour partir faire des photos de nuit avec tout son matériel, lampes, sac à dos etc. Mais la taille du trépied dépend du poids du reflex que l’on positionne dessus. Le choix de l’objectif dépendra du type de cadrage et de piqué que l’on souhaite : grand angle, téléobjectif, focales fixes (35mm, 50mm, 85mm par exemple).

Pour résumer il n’existe pas de solution standard. Au début l’ensemble de mon matériel tenait dans un sac à dos. Aujourd’hui, l’ensemble est plus encombrant mais j’ai opté pour un objectif polyvalent (transtandard 24/85mm) me permettant de réaliser la plupart des types de cadrages que je souhaite. »

Bien choisir ses sources lumineuses

Véritables « pinceaux » du light painter, les sources lumineuses ont diverses fonctions :

  • L’éclairage indirect : éclairer un arbre, une fleur, un paysage, va permettre au capteur de voir ces éléments, et donc de les faire apparaître sur la photo. Si on éclaire plusieurs fois un objet ou un sujet que l’on aura déplacé, celui-ci sera visible autant de fois sur la photo, aux endroits où il aura été éclairé.
  • L’éclairage direct : diriger une source lumineuse en direction du capteur va permettre de « dessiner » dans l’espace. Par exemple, si l’on dirige une lampe torche de gauche vers la droite, face au capteur, celui-ci le verra un trait de lumière.

Les sources lumineuses peuvent être customisées en ajoutant de la couleur avec des gélatines de projecteur, en donnant des textures, etc.

Les sources lumineuses les plus fréquemment utilisées sont les lampes torches, les néons, les guirlandes LED, les fils électroluminescents, les flashs, les cierges magiques. Il est également possible de réaliser des pochoirs comme en peinture, ainsi la lumière ne ressort qu’aux endroits découpés.

Le conseil de Romain : « Au début je me baladais avec ma valise remplie de lampes en tout genre. Quand je trouvais un lieu, j’ouvrais ma valise et commençais à réfléchir à ce que je pourrais faire. Je voulais absolument utiliser toutes mes lampes, mes idées n’avaient pas le temps de murir, et mes gestes étaient très aléatoires. Il faut se concentrer sur une idée forte et ne pas avoir peur des tests multiples. »

Bien choisir ses réglages techniques

  • Le temps de pose

Afin de réaliser une photographie avec du light painting, il est nécessaire d’avoir un appareil photo sur lequel le temps de pose est modifiable, jusqu’à 30 secondes sur les reflex et hybrides. Au-delà de ce laps de temps, il faudra utiliser une télécommande et régler le temps d’exposition sur le mode BULB (pose B).

Ainsi c’est le photographe qui gère la durée de temps d’exposition en ouvrant et fermant le diaphragme. Les photos de Romain ont un temps de pose très variable, qui peut aller de 1,2 secondes à 500 secondes d’exposition.

  • L’ouverture

Comme dans toute photographie, l’ouverture dépend de la profondeur de champ souhaitée. Elle joue également un grand rôle dans la quantité de lumière emmagasinée par l’appareil photo durant le temps de pose.

Plus l’ouverture est grande, plus la lumière environnante est emmagasinée par le capteur. Il est important de prendre en compte ce paramètre en fonction de l’environnement dans lequel on se trouve. Par exemple, dans un environnement urbain, comportant une certaine luminosité ambiante, on choisira de fermer un peu plus le diaphragme, afin de ne pas avoir une photographie surexposée.

Dans un environnement très noir, on choisira d’augmenter un peu plus l’ouverture du diaphragme pour tenter de capter un maximum de lumière et éviter d’avoir une photo trop sombre. Les réglages peuvent varier de F/5 à F16.

  • La sensibilité ISO

Les ISO permettent de gérer la sensibilité à la luminosité. Il faut donc les ajuster en fonction des résultats tests obtenus, en fonction de l’ouverture de diaphragme choisie et du temps d’exposition nécessaire à la réalisation en light painting. Les réglages peuvent varier de 100 ISO à 400 ISO.

  • La mise au point

L’autofocus n’aime pas beaucoup la nuit, il faut donc réaliser la mise au point manuellement. Pour cela plusieurs méthodes sont possibles :

  • Cadrer et réaliser la mise au point avant que la nuit ne soit complètement tombée
  • Réaliser sa mise au point pendant que l’on éclaire la zone ou le sujet souhaité
  • Positionner une lampe dans un diffuseur, type sac plastique blanc, le placer à l’endroit souhaité, et réaliser la mise au point sur ce sac.

L’hyperfocale, valable pour tout type de photos, est tout à fait applicable en light painting, voir même conseillée, pour avoir une netteté du premier plan à l’infinie.

  • Les repères

Il est très difficile de se repérer dans le noir, et encore plus difficile de dessiner dans le vide. Il faut donc s’aider de son corps pour se repérer dans l’espace et éventuellement placer des repères au sol (discrets) pour se positionner correctement. Le résultat est rarement parfait aux premiers essais, il faut s’entraîner, et l’exercice deviendra de moins en moins difficile.

Le conseil de Romain : Concernant les réglages, il faudra tâtonner. Certains paramètres sont non modifiables, comme le temps de réalisation du light painting. Si la photo est surexposée, vous ne pourrez pas aller plus vite dans votre dessin pour diminuer la luminosité, il faudra donc jouer sur l’ouverture et les ISO. L’ouverture pose une contrainte, plus elle est grande, plus la profondeur de champ est réduite. Quant aux ISO plus ils seront hauts plus le bruit numérique apparaîtra sur les clichés. Il m’arrive parfois d’avoir fini ma réalisation en light painting mais de continuer à attendre que le temps d’exposition ait le temps d’emmagasiner suffisamment de lumière environnante pour que la photo ne soit pas trop sombre.

Il faut donc faire des choix, essayer, corriger, réessayer jusqu’à obtention du résultat escompté.

Derniers conseils pour se lancer dans le light painting

« Pour commencer en light painting, il faut vraiment intégrer le facteur « fun ». Au début, les réalisations sont forcément brouillon, les idées un peu kitsch, les lampes pas très travaillées, etc.

La seule vraie limite est celle de l’imagination, il faut donc essayer tout ce qui passe par la tête. Comme tout le monde, au début on s’inspire de ce qu’on a pu voir et qui nous a plu. Mais il ne faut pas hésiter à tenter des choses justes par curiosité. Certains de mes effets les plus beaux, je les ai trouvés par erreur en cherchant à faire autre chose, ou bien par hasard, en tentant des expérimentations par simple curiosité. »

A vous de jouer maintenant. Ne vous découragez pas, les premières réalisations seront forcément brouillonnes, n’hésitez à multiplier les essais, votre seule limite est votre imagination !

romain Light Painting

Romain Millet

Photographe spécialisé en light painting résidant à Lyon. En 2009 il découvre cet art en achetant son premier réflex, en feuilletant des magazines, surfant sur le web et autres medias. Le virus de la photo ainsi que du light painting changea son regard sur ce qui nous entoure. Chaque lieu pouvait alors prendre une nouvelle forme et nous transporter vers un tableau.

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  1. Stempien dit :

    Un grand merci pour cet article très clair !! Belle journée

  2. Patrick dit :

    Bonjour, Merci pour cet article, votre pratique est déja très avancée mais au cas ou cela pourait vous être utile, je me suis essayé au light painting et étant développeur à la base, j’ai réalisé une application Android m’aidant a faire ce que je souhaitais; ecrire des lettre avec de la lumière. Vous trouverez plus d’explications ici; http://photifere.konieczny.fr/light-painting-tool/
    bien à vous,
    Patrick.