Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod
Tuto

Aurélie Monod, photographe et vidéaste professionnelle, qui avait testé pour nous le Nikon COOLPIX AW130 dans une carte postale vidéo tournée en Indonésie, revient cette fois-ci sur le Mag pour un tutoriel entièrement dédié à la vidéo animalière qu’elle illustre avec son récent voyage en Afrique du Sud.

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Chaque tournage est une aventure, mais quand Makutsi Safari Springs m’a invitée pour faire une vidéo de leur réserve, en Afrique du Sud, j’avoue avoir été particulièrement excitée. Pouvoir approcher félins, éléphants et autres espèces magnifiques dans un cadre qui l’est tout autant, afin d’engranger une foule d’images fixes et surtout animées, est une expérience extraordinaire. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Ce genre de voyage se prépare en amont, avec le choix du matériel le plus adapté. Les animaux étant particulièrement actifs aux levers et couchers du soleil, il vaut mieux privilégier un appareil avec un capteur sensible, qui permet de pousser les ISO sans trop ajouter de bruit aux images. L’environnement étant assez poussiéreux, avec des véhicules ouverts, mieux vaut aussi que le boîtier soit tropicalisé. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Côté focale, il faut bien sûr un téléobjectif qui va nous rapprocher grandement de notre sujet, avec lequel il vaut mieux parfois garder une distance de sécurité. Plutôt que d’ajouter un doubleur qui dégrade luminosité et parfois piqué, j’ai choisi de réduire la zone d’image du capteur en DX, ce qui suffit amplement pour la vidéo HD et ajoute un coefficient 1,5 aux focales. En plus de cela, un autre objectif plus grand angle situe le sujet dans son environnement, qui n’est assurément pas un zoo mais un bush africain entouré de belles montagnes. »

« J’ai ainsi opté pour un 80-400mm couplé à un Nikon D810 configuré en DX, offrant donc un 120-600mm, ainsi qu’un 28-300mm sur un D750 en FX pour couvrir une large plage de focales sans avoir besoin de changer d’optique. En plus de cela quelques focales fixes avec une plus grande ouverture pour les scènes nocturnes et un fisheye pour des paysages tels que le canyon de Blyde river par exemple. En complément de ces boîtiers un COOLPIX AW130 très léger, robuste et étanche, idéal à accrocher à un arbre pour le laisser engranger des timelapses de couchers de soleil ou d’étoiles tournantes pendant que l’on continue le safari. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Parmi les accessoires indispensables, une visée fixée sur l’écran qui aide considérablement le réglage de la mise au point en mode live view. Avec un télé ouvert au maximum la profondeur de champ est très réduite, ce qui donne un excellent rendu visuel à condition que les yeux de notre sujet soient nets, ce qui n’est pas toujours des plus faciles quand il s’agit de rencontres furtives avec un léopard. Les autofocus étant moins performants en vidéo qu’en photo, c’est important de garder le point manuel mais en se donnant toutes les chances d’avoir des images nettes. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Ces visées aident de plus à caler l’appareil contre le visage pour gagner en stabilité. Un monopod peut aussi être une aide précieuse, de même que des sacs de billes à poser sur les montants du véhicule. Les safaris s’effectuent en général dans des land rovers ouverts ou à pied dans les zones non fréquentées par les lions, ce qui rend le trépied peu pratique dans ces situations, d’autant plus que sa manipulation peut être bruyante et effrayer la faune. Il faut donc limiter au maximum ses propres mouvements pour que les images soient les plus stables possibles. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« L’accessoirisation de la camera est donc minimal, pour être plus réactif lors d’une rencontre impromptue et mieux protégé des secousses et du sable. Je n’ai utilisé de micro externe que dans les situations calmes et ai fait le choix d’enregistrer les images sur cartes plutôt qu’avec un module externe qui aurait laissé entrer la poussière dans les connectiques. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Côté réglages, des vidéos en Full HD bien sûr, en qualité High, avec une cadence de 25 images par seconde puisque c’est le standard européen. Si le boîtier le permet on peut pousser la cadence à 50 i/s afin de pouvoir ralentir une action au montage avec la meilleure fluidité. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« On choisit le mode Manuel car en automatique on risque d’avoir des rattrapages d’exposition en cours de plan, en se basant sur une vitesse double de notre cadence de prise de vue, soit 1/50ème pour une cadence de 25 i/s, ce qui donne le meilleur rendu. Reste ensuite à jouer sur le couple sensibilité et diaphragme pour ajuster la luminosité de notre image, en privilégiant une légère sous-exposition à l’inverse. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Si à 100 ISO et avec un diaph très fermé on reste sur-exposé on ajoute un filtre ND variable sur l’optique, que l’on tournera pour ajuster la quantité de lumière entrante, même si il faut avouer que ce n’est pas toujours très pratique avec un long pare-soleil.

Pour la balance des blancs je fais le choix d’utiliser des presets pour accentuer l’impression chaude de ces paysages africains : par exemple le mode nuage au lieu du soleil par beau temps de milieu de journée, qui rajoute quelques milliers de kelvins et donne ainsi une dominante jaune aux images. Ne reste plus qu’à lancer l’enregistrement des scènes, en n’hésitant pas à laisser vivre les plans car les sujets sont imprévisibles et il serait dommage de rater l’action la plus intéressante. »

Tutoriel : la vidéo animalière par Aurélie Monod

« Une fois de retour de safari, la journée n’est pas finie pour autant. Il faut soigneusement nettoyer le matériel pour éliminer la poussière et sécuriser ses images, en les copiant sur plusieurs disques durs. Le volume de vidéos est conséquent, aussi il vaut mieux prendre le temps sur place d’effectuer un pré-tri, par exemple en les classant dans des dossiers par animal observé, pour ne pas se retrouver ensuite avec des milliers de fichiers en bloc. Le derushage sera facilité et le montage n’en sera que plus agréable, surtout si les images sont aussi belles que ce qui a été observé pendant le tournage. »

Si vous souhaitez aller plus loin sur les manipulations du Nikon D810 pour la vidéo vous pouvez regarder ce tutoriel :

Et si l’aventure à Makutsi vous tente vous pouvez les contacter via leur site : www.makutsi.com

Aurélie Monod

Après un BTS audiovisuel et un master en sciences, arts et techniques de l'image et du son, elle devient assistante opérateur de prise de vues sur les tournages de longs-métrages. Elle intègre ensuite l'école de journalisme de Sciences-Po où elle sera responsable du service audiovisuel pendant cinq ans. Elle est aujourd'hui cadreuse, monteuse et réalisatrice de reportages, notamment dans le monde du ski, formatrice vidéo pour les centres de formation les plus prestigieux.

son matériel


COOLPIX AW130

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*