Rencontre avec Sébastien Van Malleghem, qui circonscrit d’emblée un univers photographique singulier, au sein duquel les ruptures et les contrastes incisifs de l’image transcodent la constante pression de l’urgence qui anime le geste du photographe.

Depuis 2008, celui-ci s’est engagé dans l’élaboration d’un triptyque consacré à l’exploration du système judiciaire, dont Police (2008-2011) et Prisons (2011-2014) constituent les deux premiers opus. Au terme d’une incursion en Libye sur les ruines de la dictature de Kadhafi (The Ruins of the Power, 2012), Van Malleghem se recentre sur l’Europe pour s’intéresser aux junkies, Sdf, artistes et contestataires à la dérive que régurgite la capitale allemande : The Last Shelter clôture en 2014 un reportage initié à l’occasion d’une invitation de deux mois en résidence d’artiste à Berlin (2013).

Traversé d’une compassion amère, il exsude le chaos des univers mentaux, la fragilité des mondes intérieurs, l’évanescence de l’humain. Une résidence d’artiste en Norvège en 2013 impose le premier corps à corps avec le Nord. L’étreinte se poursuit en Islande : brutale et passionnelle, dans l’évidence de la confrontation personnelle à un espace intarissable.

Lauréat 2015 du Prix Lucas Dolega & du Bozar Monography Award avec Prisons, Sébastien Van Malleghem inscrit son empreinte dans la lignée des photojournalistes profondément attachés à la liberté d’expression, à l’implication sur le terrain et à la prise de position assumée. Les images de l’auteur ont par ailleurs fait l’objet de nombreuses récompenses, publications et expositions à travers le monde.

Prisons / 2011_2014 © Van Malleghem Sébastien

– Interview –

Pourriez-vous nous présenter votre parcours en quelques mots ?

J’ai effectué un baccalauréat en photographie à l’école supérieure des Arts «le 75 » à Bruxelles, diplômé en 2009 je me suis directement lancé en tant que photographe dans le documentaire social. Un premier reportage au long cours au sujet de la Police en Belgique car je désirais témoigner de la crise sociale qui frappe le pays, et comprendre le métier de policier. Suite à cela j’ai photographié à l’intérieur des prisons du royaume, plus de douze de tout types en 4 ans. Je suis parti seul photographier l’après guerre en Libye, documenter le quotidiens des artistes, junkies et drifters en hiver à Berlin, tenter de comprendre le quotidien des embaumeurs dans la mégalopole de Mexico City ou encore montrer le travail de l’association « Réagir » qui vient en aide aux toxicomanes et personnes en extrême difficultés sociale dans la ville de Tourcoing. Entre ces reportages je partais en Scandinavie, pour produire mon récent travail Nordic Noir.

Mon reportage « Prisons » à remporté le prix Lucas Dolega à Paris, Le prix Nikon Bozar Monography award à Bruxelles, et à été nommé comme l’un des meilleurs livres photographiques de l’année 2016 par TIME. Je publie mes images dans de nombreux quotidiens et magazines tels que De Standaard, De Morgen, Le Monde, TIME, Washington Post, De Volkskrant. Je reçois des commandes de la part du Musées et d’institutions, de la presse, et d’entreprises privées. J’ai récemment crée ma propre agence: Renegades.

Nordic Noir © Sebastien Van Malleghem

Pourriez-vous nous parler de votre récente collaboration avec Nikon ?

Je travaille avec Nikon Belgique depuis 2 ans, J’ai deux boitiers Nikon, le D810 et un nouveau D850. Un 35mm 1.4, un 105mm F2.8, un 16-35 F4, un 24mm 1.4. Ce sont des appareils photos robustes et rapides, la qualité d’image ne fait jamais défaut même en basse lumière, voir en pleine nuit ou je photographie très souvent. Ils m’accompagnent partout, car la photographie pour moi est une passion avant d’être un métier.

A family is gathering and mourning the death anniversary of a Mother and wife in San Nicolas Tolentino cemetary on March 20, 2016. Mexico City, Mexico.

Je pratique une photographie très instinctive et j’ai donc besoin de boitiers qui me correspondent, et qui peuvent s’adapter aux différents univers que je photographie. Avant même que je devienne ambassadeur, Nikon était toujours là pour répondre à mes questions ainsi qu’a mes demandes, sans jamais insister de leur coté. Je suis honoré d’être devenu ambassadeur pour Nikon Belgique, c’est très motivant quand on voit l’histoire de la marque et tout ce que ces boitiers ont pu photographier comme moment d’histoire. C’est vraiment un privilège pour moi, j’en suis fortement conscient, car pour l’anecdote j’avais acheté mon premier reflex numérique en seconde main sur le banc d’un centre commercial en 2005.

Nordic Noir © Sebastien Van Malleghem

Quelle était votre intention artistique pour la série Nordic Noir qui vient d’être éditée ?

Au regard de Nordic Noir ma seule intention était de respirer et de regarder autre chose que la difficulté sociale. D’une part j’avais peur du calme et du vide, mais de l’autre j’en avais vraiment besoin. Je voulais aussi sortir de ma zone de confort. Ma seule intention était réellement de vibrer et de photographier ces moments et ces endroits. J’avais envie de faire simplement de la photographie et pour une fois ne pas « documenter ». Toutes ces images proviennent de moments pêchés aux quatre coins de la Scandinavie, ou je photographie les intempéries, les rencontres, mes proches, ces endroits mystiques, l’eau, et sans doute ce coté un peu amer et contrasté des voyages en Norvège, Islande, Suède et Finlande.

Nordic Noir © Sébastien Van Malleghem

Sébastien Van Malleghem

Lauréat 2015 du Prix Lucas Dolega & du Bozar Monography Award avec Prisons, Sébastien Van Malleghem inscrit son empreinte dans la lignée des photojournalistes profondément attachés à la liberté d’expression, à l’implication sur le terrain et à la prise de position assumée.

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