Photographie animalière : sur les pas de Fabrice Simon

Portrait

Printemps 2020, Fabrice Simon, photographe animalier, eu le privilège d’être parmi les premiers utilisateurs réceptionnant son Nikon D6. Ce nouvel outil de travail a rapidement pris place dans son sac et a parfaitement complété ses différents téléobjectifs, dont le mythique AFS Nikkor 800mm f/5.6E FL ED VR. Ainsi équipé, l’espace d’une soirée, Fabrice Simon nous propose de le suivre chez lui dans la Brenne, et de l’accompagner en affut flottant.

18H00 : Le briefing

Après une rapide présentation de la faune présente dans sa région, la Brenne, et un rappel sur les différents types d’affuts flottants, Fabrice Simon synthétise les différents points d’attention nécessaires à la réussite d’un reportage animalier…
Les différents points sont techniques, esthétiques, comportementaux, et s’appuient tous sur une passion, celle de la nature. Derrière son discours factuel, l’envie de sublimer la nature est perceptible, l’envie d’inventorier la faune, d’immortaliser les comportements, de se fondre dans l’environnement, de faire corps avec le biotope.

Le repérage

Fabrice nous présente son aire de jeu, détaille les points d’eau et autres lieux de vie. Habitué à la capture d’image, nous observons. Fabrice, lui, observe, écoute et hume l’environnement. Le savoir-faire du photographe animalier est évident, la dimension photographique de l’exercice est complétée par une force intérieure plus forte …

Fabrice continu son briefing : « Il est en effet délicat de repérer et suivre les différents oiseaux au travers de la toile de l’affut … Ils se confondent avec le paysage, sont en mouvement et les fenêtres de vision vers l’extérieur de l’affut sont restreintes… Heureusement, les amateurs de faune sauvage ont un œil exercé et expérimenté et savent reconnaitre facilement les sujets dans leur environnement. »

La scène

Tout en observant un oiseau en vol, Fabrice explique : « Lorsqu’une scène de vie animale se déroule autour de l’affut, elle est furtive et il est important de réagir vite, sans déranger la faune présente aux alentours. Le choix d’une focale type 800mm s’impose car elle permet d’être loin des sujets, de ne pas être vu, ni senti. Revers de la médaille, le champ relativement serré de cette focale ne facilite pas toujours la tâche pour composer et cadrer…. »

La préparation du matériel : le Nikon D6 est couplé au Nikkor 800mm f/5.6E FL ED VR

Fabrice ouvre son sac, déballe ses outils de travail et explique. « Afin de répondre efficacement aux contraintes de prises de vues, en choisissant un outil comme le D6, le photographe animalier recherchait un appareil réactif, équipé d’un Autofocus précis et rapide qui détecte facilement le sujet ». A noter que les mouvements aléatoires dus à la position «  à genoux dans la vase » ne facilitent pas le pilotage de l’appareil. Il est important de s’installer confortablement.

A la manière de nous présenter son matériel, on perçoit bien que ses Nikon ne sont pas que de simples outils. Le lien affectif fort que le photographe a avec son matériel est perceptible.

Les réglages du Nikon D6

Installé à ses côtés, nous le regardons monter l’appareil sur l’optique.
Fabrice explique : « Il est important de préparer son appareil, de le régler pour le moment ou l’action sortira. Parmi mes réglages de prédilection, les nouveaux modes de réglages C1 et C2. Ils permettent de  choisir le nombre et la mise en page des différents collimateurs de mise au point » explique-t-il. Puis il confirme : «  Ils apportent un réel confort dans l’accroche et le suivi du sujet. Ils accentuent incontestablement la précision de l’Autofocus ».  En effet, dans ce mode, le capteur Multicam 37K qui gère l’autofocus est assisté par le système de reconnaissance de scène. Les données recueillies par ces deux composants sont traitées par le processeur dédié à l’AF… Rappelons également que grâce à des collimateurs en triple croix, la densité de couverture des photosites est x1,6 par rapport au D5.

Soucieux d’être complet dans son explication, Fabrice complète : « l’astuce, via les menus A14 et A15, est de simplifier l’affichage des modes autofocus pour n’avoir en accès que les modes nécessaires à ce type de prise de vues ».  En effet, en décochant dans la page dédiée du menu certains choix d’AF comme les anciens modes dynamiques et en paramétrant les modes C1 et C2 à convenance, le photographe change rapidement de réglage. Fabrice complète, « en conservant les modes « single » et le nouveau mode  « auto » avec les nouveaux 105 points AF en croix tous sélectionnables, fonction des scènes, je switche extrêmement rapidement entre les différents modes… » Tout en réglant son appareil, il complète son explication « J’ai pu ainsi me concentrer sur les scènes s’offrant à moi et améliorer mon efficacité. »

Pour le reste, Picture Control standard et Iso Auto.

19h12 : Le milan Noir apparaît, le D6 est prêt

C’est un milan noir qui apparait en premier dans le cadre. Pendant quelques secondes il vole sur la gauche puis traverse rapidement une colonie de guifettes Moustac, pourchassées par les adultes… Un bref demi-tour rapide lui permet au passage de se saisir d’un poussin avant de rapidement s’enfuir.

Fabrice Simon témoigne : « Le mode C1 du boitier paramétré en 3 x 3 collimateurs, fut redoutable pour saisir avec netteté l’oiseau. Il faut bien imaginer que je me trouvais cette fois dans 1,60 m d’eau, que ce sont avant tout les cris des guifettes qui m’ont alerté et qui m’ont permis de réagir en plongeant mon œil dans le viseur. La rapidité de l’ensemble D6 et du Nikkor 800mm f/5.6E FL ED VR a fait le reste. »

Pour enrichir son commentaire sur l’autofocus, Fabrice Simon  complète : « J’ai constaté que la précision du mode « single » est également dotée d’une rapidité accrue et d’une précision sans faille. J’utilise beaucoup ce mode lorsqu’entre le sujet et moi la végétation est importante. Egalement, je trouve que le mode « auto » est nettement plus performant qu’auparavant et j’avoue qu’avec ces 4 modes, je délaisse très souvent en animalier les modes dynamiques ou 3D. » C’est vrai que le mode 3D priorité aux yeux se révèle plus efficace lors de séances de portrait ou d’action sportives avec des humains.

20h28 : Le ciel se couvre, le matériel souffre, une famille de grèbe est en attente…

En cette saison, une météo capricieuse  force à tester l’étanchéité du matériel.

Des pluies fortes et intenses se sont rapidement abattues sur l’étang. La toile de l’affût, fabriquée pour se confondre avec le milieu, n’était absolument pas étanche. En peu de temps, le matériel se retrouve totalement trempé. « Je me souviens » commente Fabrice Simon, «  J’étais proche d’une famille de grèbe à cou noir, les poussins étaient réfugiés bien à l’abri sous les ailes des parents et, comme moi, attendaient l’accalmie…. C’était fabuleux de voir ces petits oiseaux faire face aux éléments déchainés. »

Cette scène a pu être immortalisée grâce à la fiabilité du matériel, qui, même trempé, fonctionnait à merveille… « Une vraie satisfaction pour le photographe » confirme Fabrice Simon.

21h30 : La nuit tombe, les iso montent et un cerf en velours apparaît

La nuit tombe, les moustiques commencent à être très présents, Fabrice Simon s’apprête à quitter l’étang…. Pourtant, quelque chose le retient. Un bruit ? Une odeur ? L’instinct du photographe probablement. Surprise et enchantement, en même temps que la lumière disparait un cerf en velours apparait … Rencontre à la fois agréable et captivante.

Fabrice Simon raconte : « Il est encore loin et je dois me faufiler discrètement à travers les œnanthes aquatiques et les carex jusqu’à la roselière dans laquelle il a trouvé refuge et nourriture. Arrivée à une distance idéale, il fait nuit. Nerveux,  j’essaye d’immortaliser ce moment de vie. J’appuis fébrilement sur le déclencheur, le D6 fait le reste… »

Réglé en mode iso auto, sur cette captation, le D6 a fluctué entre 8000-10000 iso. Heureux, Fabrice Simon confirme : « Cette fois encore la puissance du D6 m’a surpris. Les photos ont été faites à différentes valeurs en hautes sensibilités et tout est absolument correct! Le résultat escompté est au rendez-vous. J’aurais certainement pu monter encore davantage en ISO, mais, après 35 minutes, mon sujet s’était éclipsé pour aller vivre sa vie de cerf un peu plus loin… »

Fabrice Simon confirme : « Si je compare à mon D5, une autre amélioration importante du D6, amélioration que j’ai constaté et éprouver est la remarquable montée en sensibilité ISO. De nouvelles images deviennent possibles »

23h50 : Editing au bord du brasero

Grand cormoran avec sa proie, un poisson-chat, dans un étang en Brenne

La production du soir défile sur Capture One, le brasero crépite, une dernière question est posée à Fabrice Simon.
Pourquoi le D6 ? « J’évolue dans des milieux divers aux conditions extrêmes et le vrai défi est d’avoir un appareil fiable et efficace, un appareil sur lequel je peux compter… »

Fabrice Simon

Fidèle à Nikon depuis 43 ans et forcement inconditionnel de la marque, Fabrice Simon immortalise aussi bien la vie sauvage de sa région de naissance, la Brenne que la faune du Grand Nord. Sa passion le conduit chaque année plusieurs mois dans le Québec Arctique. Dans son quotidien,  la robustesse et la fiabilité des équipements représentent un des atouts essentiels.

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