Découverte jeune talent : les portraits intemporels de Frédéric Monceau
Interview

Après Flora Metayer, Thibault Copleux et Jonathan Bertin, nous vous invitons à poursuivre notre série consacrée aux jeunes talents de la photographie avec Frédéric Monceau, 26 ans, actuellement publié dans le dernier numéro de Normal Magazine dont Nikon est partenaire. Il revient pour nous sur son parcours et sa vision de cette passion devenue métier.

Découverte jeune talent : les portraits intemporels de Frédéric Monceau

Pourriez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Après avoir fait mes études dans le sud de la France et réalisé l’écriture de deux romans, je suis arrivé à Paris il y a quelques années pour évoluer dans le monde de la photographie, et plus particulièrement de la photographie de mode. J’ai commencé par travailler avec différentes agences de mannequins puis divers magazines. Aujourd’hui j’évolue entre Paris Londres et Berlin.

On ne peut évoquer son parcours sans parler de nos racines. Je suis persuadé qu’une fibre artistique coule dans mes veines depuis longtemps, je me rappelle voir mon père dessiner merveilleusement bien. Qu’il s’agisse du dessin, de l’écriture, de la photo ou d’un autre outil, c’est la même finalité – un outil de transport pour faire circuler une idée dans une intention d’expression personnelle à travers l’art.

Vous faites également de la vidéo, pourriez-vous nous en parler ?

Je fais aussi de la video ce qui est à la fois différent et similaire. La video est pour moi un intime étranger aux yeux de la photographie. J’entends souvent qu’il y a du mouvement en video qu’on ne retrouve pas dans une image. Je pense que l’idée de mouvance en photographie peut être parfois beaucoup plus fort tout comme le concept « d’arrêt sur image » peut être plus intense en video.
La vidéo et la photographie se nourrissant l’un l’autre. L’idéal dans une vidéo étant de pouvoir faire pause et voir une photo réussite. C’est là d’ailleurs que réside toute l’utilité d’un directeur photographique pour un film. Je suis entrain actuellement d’écrire le scénario d’un court métrage que je réaliserai sous peu.

Découverte jeune talent : les portraits intemporels de Frédéric Monceau

Pourriez-vous décrire votre style ?

Je ne suis pas le mieux placé pour définir mon style car j’ai un regard interne sur mon travail et peut être pas le recul nécessaire. En revanche, je pense que ce que l’on fait est en partie défini par ce que l’on aime ou non. Ainsi, je peux sans doute dire que j’aime les photos iconiques, celles qui traversent le temps. Un portrait comme un tableau avec beaucoup de mise en scène. Du stylisme très poussé ou un simple col roulé. Tout est une question de moment, d’émotion etc. Je ne dirais pas que j’aime mélanger l’actuel et l’ancien mais plutôt que j’apprécie enrober l’intemporel d’une touche de modernité.

Quelles sont vos inspirations ?

Mes inspirations sont diverses et variées. Elles peuvent parfois surgir de l’enfance et de souvenirs lointains, comme de l’instant présent. Je pense qu’elles émanent des personnes m’entourant, et plus particulièrement de celles que je photographie. Je construis généralement une histoire autour d’une personnalité, c’est quasiment du sur-mesure. Au quotidien, je côtoie des être humains issus d’horizons différents et parfois littéralement opposés. Cette richesse culturelle nourrit mon inspiration, peut-être pourrions nous dire alors que les différences m’inspirent?

De manière plus radicale, je pense que « tout » est inspirant. Qu’un élément nous plaise ou non, il contribue à définir ce que l’on aime ou pas et la direction vers laquelle on souhaite se rendre.

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Quels sont vos critères de beauté pour une image ?

Je crois que la beauté est l’harmonie du hasard. Un mélange de technique et d’une force émotionnelle. Relative au gout et au tempérament de chacun, la beauté d’une image dépend à mon sens plus d’une psychologie de l’esthétisme que de la beauté artistique pure. Les grands auteurs du siècle des lumières ont crée la poésie pour définir l’indéfinissable. Je m’amuse alors à dire aujourd’hui qu’une image est belle lorsqu’on peut y lire de la poésie visuelle.

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Comment rester créatif en permanence selon vous ?

Je crois qu’un artiste est un miroir du monde qu’il regarde et ressent. Comment rester créatif sans se lancer dans la découverte de ce monde l’entourant et l’habitant ?

Personnellement, pour ce qui est de mon environnement extérieur, je rencontre de nouvelles personnes ou continue d’approfondir les rapports avec celles que je connais déjà. Je regarde des films, me rends à des expositions, etc. En ce qui concerne mon monde intérieur, je suis curieux de moi-même. Il est essentiel de se lancer dans une introspection de soi pour découvrir de nouvelles facettes de nous-même. La créativité a été définie par Edward de Bono comme « de l’efficacité inattendue »… L’idée de surprise est d’une dimension imprévisible me plait dans le processus créatif. Pour rester créatif je laisse la vie suivre son cours en restant attentif et insouciant.

Vos études en communication sont-elles utiles aujourd’hui ?

Tout est utile, même ce qui peut paraître dérisoire. En l’occurrence mes études de communication m’ont surtout servi à comprendre que je ne voulais pas faire « des études de communication ». Je suis issu d’une génération pour qui la communication est une notion presque innée. Nos écrans sont quasiment une extension de nous même. Je ne crois pas qu’on ait réellement besoin d’etudes pour gérer un compte sur un réseau social ou pour comprendre qu’une personne qui croise les bras devant soi est plus fermée à la discussion que quelqu’un qui vous enlace… Je ne crois pas que les études ne servent pas, mais je pense que le savoir empirique lié à l’expérience est plus efficient en ce qui me concerne.

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Vous êtes actuellement publié dans le magazine Normal n°10, comment abordez-vous le nu en photographie ?

Etre publié dans le dernier numéro de Normal Magazine au côté de noms tels que Nick Night ou encore David Lynch est avant tout un plaisir et une fierté. C’est pour cela que je tiens particulièrement à remercier l’équipe de Normal Magazine Sissi, Philippe et Guillaume (entre autres).

Pour ce qui est du nu, je ne l’aborde pas… je reste loin de lui. Il y a une pureté dans les photos de nu qui crée une distance naturelle. Car avec la photographie de nu, je pense qu’on va au delà d’une simple séance photo mode. On entre dans une sphère intime qui nous pousse à laisser tomber nos masques. Il y a une forme de vérité dûe à l’absence de protection et de barrières entre le modèle et moi. Jacinto Benavente disait d’ailleurs que « le nu est la sincérité du corps : une honnêteté que tout le monde ne peut avoir ».

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Quel matériel utilisez-vous actuellement ?

J’utilise aujourd’hui le Nikon D850. C’est un bijoux de technologie qui s’amuse à rendre la complexité facile. La qualité de l’image est plus fine, le rendu plus respecté. Il est relativement léger à mon sens. Son écran tactile est réactif. Je ne suis pas issu d’une formation technique et je crois que l’accident et le « raté » est souvent magnifique. En revanche, à l’image d’un danseur contemporain, la technique reste un allié de taille dans la bataille du beau et ce nouveau boitier D850 remplit pleinement son rôle.

Quels sont vos projets pour la suite ?

J’ai toujours des projets en route ou en suspend. Certaines choses méritent de rester plus longtemps dans l’ombre. Prendre plus de recul pour sauter plus loin. Cinéma ? Il y a des projets dont je ne peux pas encore évoquer la nature. Je peux parler du mélange. Une mixité des arts qui m’amuse. Je travaille actuellement avec une peintre qui dépose ses couleurs sur mes images en noir et blanc. Je pense que cette rencontre va déboucher sur différentes expositions. Mais je ne peux malheureusement pas en dire plus pour l’instant.

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Pour finir, auriez-vous des photographes à nous faire découvrir ?

Je ne peux évoquer des photographes sans parler de ceux qui m’influencent et qui n’est plus nécessaire de présenter tels que Nick Night, Avedon, Ellen Von Unwerth, Mariano Vivanco, Thomas Whiteside, Peter Ash Lee, Dima Honcharvo… Mais pensez à aller voir le travail de Paul Morel, Jonathan Mahau, Marta Bevacqua ou encore Florian Saez.

Frederic Monceau

Frederic Monceau

Jeune photographe français de mode et directeur artistique. A tout juste 26 ans, il signe des éditoriaux pour les plus grands magazines de mode. La photographie lui est venue par passion avant de transformer ce talent en métier.

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