Découverte jeune talent : la photo de voyage avec Eglantine B.

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Chaque mois, Le Mag vous partage des nouveaux talents Nikon. Aujourd’hui, nous vous faisons découvrir le merveilleux travail d’Eglantine B., photographe autodidacte et passionnée de voyages. En plus de ses clichés à couper le souffle, elle partage avec nous son histoire, sa relation à la photo, ses débuts et ses inspirations… Place à l’interview.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Mon attrait pour le soleil, la douceur de vivre et la brise marine fait que je vis depuis des années dans le sud de la France. Je reste avide de découvertes et je me dis souvent qu’une vie entière ne me suffira certainement pas pour  parcourir tous les beaux pays de notre globe mais j’aime avoir, au retour de chaque voyage, ce point de chute ressourçant. D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été attirée par des activités artistiques, je boudais souvent le sport mais plongeais avec plaisir dans le dessin, l’écriture , la musique, l’apprentissage d’instruments et plus tard, la photo.

La photo en voyage avec Eglantine B.

On me demande souvent qui est arrivé en premier : les voyages ou la photo ? Incontestablement ma passion pour les voyages m’a amené à découvrir et approfondir celle pour la photographie. J’ai commencé les voyages « sac au dos » il y a une quinzaine d’années par un pays qui m’attirait autant qu’il m’inquiétait : l’Inde.

Un simple compact en poche sans notions « techniques » de photographie. Ce pays m’a chamboulé, m’a rapidement fait perdre mes repères pour en élaborer de nouveaux. J’y ai fait beaucoup de portraits, colorés, vivants, expressifs.

A mon retour, je savais que j’avais désormais envie de retranscrire chacun de mes voyages, chacune des émotions ressenties, au travers de mes photos.

On dit que les voyages se vivent 3 fois : quand on les rêve, quand on les vit et quand on s’en souvient : je ressens exactement la même chose avec la photographie.

Elle me permet de faire partager mes découvertes et mes émotions, de donner l’envie de voyager. J’ai continué à voyager ainsi, beaucoup , et il y a 11ans j’ai eu mon premier reflex. Et là explosion de créativité, mes possibilités devenaient énormes ! Je suis autodidacte, j’ai appris en pratiquant et en ratant aussi.

Je ne lâchais presque plus mon boîtier, j’aime créer mais je reculais quand il fallait vraiment se lancer dans l’apprentissage plus technique . Pourtant cet aspect de la pratique devient vite indispensable alors je me suis efforcée de poser mon appareil et d’appendre devant des textes, tutos, vidéos bref tout ce qui me permettait d’acquérir ces connaissances techniques. Puis on teste, on rate, on recommence et on se perfectionne, toujours et encore .

Au départ, j’ai eu envie d’essayer tout ce que j’apprenais  puis ma pratique s’est affinée, mes envies se sont précisées. Peu de temps après, mon intérêt pour l’argentique s’est manifesté. Cela m’a permis d’être plus concentrée et précise sur mes réglages , je n’avais plus la marge d’erreur possible du numérique ce qui a été super formateur pour moi.

Je suis maman de 2 enfants et il a toujours été très important pour nous de leur transmettre la passion du voyage, alors ils nous suivent depuis leur naissance. Mes voyages je les fais donc en famille ce qui conditionne beaucoup ma pratique de la photographie. Prendre le temps d’installer son trépied et ses filtres pour une magnifique pose longue au milieu du trafic dense des villes d’Asie avec un bébé sur le dos ? Compliqué. Alors je me suis adaptée, je photographie à l’instinct, parfois au pied levé (ce qui peut donner de bonnes surprises) et j’ai rapidement allégé mon sac photo.

Un seul passage obligé, celui ou je prends le temps : les couchers de soleil et avec les années mon style s’est précisé, j’aime les compositions douces et à la fois contrastées, coller au maximum à la réalité de la prise de vue tout en y ajoutant un coté un peu onirique . Une touche féminine diront certains, une touche de douceur sûrement. Je suis très exigeante envers moi même et mon travail, je peux prendre plus de 4000 clichés sur 1 mois de voyage mais ne serai vraiment satisfaite que de quelques un. Je suis dans la recherche constante de perfectionnement, je teste beaucoup, ainsi, mon travail évolue sans cesse.

Qu’est ce qui vous à amené à faire ce métier ?

La photo n’est pas mon activité principale, je travaille dans le milieu médical et j’ai la chance d’adorer mon boulot. Alors, pendant longtemps, elle est restée une simple passion. Une passion dans laquelle je trouvais des similitudes avec mon métier principal basé aussi sur l’observation du détail, l’écoute, l’empathie, le ressenti. Rien n’arrive par hasard.

Pour ma part j’ai toujours eu l’impression que  la photo est venue à moi. J’ai commencé à shooter dans mon entourage proche et de plus en plus de portraits en voyages puis rapidement certains venaient me demander « tu pourrais nous faire de belles photos à nous aussi ?! » alors j’ai commencé à shooter dans un cercle plus élargit, à me perfectionner et surtout à prendre confiance et à trouver mon style. Le bouche à oreille à fait le reste. J’ai ensuite été demandé pour des reportages mariage, séances lifestyle etc.. Et je me suis rendue à l’évidence : la photo était en train de devenir un métier.

Ayant la chance d’avoir une autre activité je peux me permettre de prendre le temps de choisir mes shootings, je fonctionne à l’instinct essentiellement ce qui depuis toutes ces années m’a toujours bien réussi. Pour laisser la créativité s’exprimer j’ai besoin d’être à l’aise donc si ma petite voix me dit de foncer je ne me pose jamais de questions, je fonce !

Je n’oublierai sûrement jamais le premier gros reportage mariage que j’ai shooté seule, un stress énorme, peur de décevoir, de manquer de réactivité, d’avoir un problème technique mais passé les premières photos le stress s’envole toujours et laisse la place au plaisir du moment et du partage.

J’ai mis du temps à ne plus avoir la demie seconde de surprise quand on m’appelait « la photographe » pendant ces événements. Je dirais que ce sont les personnes que j’ai rencontré derrière mon objectif depuis ces années qui peu à peu m’ont réellement faite devenir photographe.

Leur retour, leurs larmes parfois en découvrant les photos, cet énorme retour d’émotions de leur part me font dire à chaque fois « ok tu peux provoquer ces émotions là juste avec tes photos alors oui, je crois que tu es sur la bonne voie » mais il m’a fallu du temps pour accepter et légitimer tout cela.

La photo en voyage avec Eglantine B.

En ce qui concerne la photo de paysage, j’ai ouvert mon compte instagram il y a 4 ans et il reste mon principal outil de communication. Mon idée première était de faire partager mes plus belles photos de voyages, de ne pas les garder endormies dans mon ordinateur, de faire découvrir des lieux uniques et de donner l’envie de voyager. Rapidement le compte a pris de l’importance, j’y ai trouvé une source inépuisable d’inspiration et de motivation alors j’ai passé plus de temps à travailler mes images, chercher sans cesse à retranscrire mes émotions au moment de la prise de vue tout en restant la plus fidèle possible au paysage réel et c’est à ce moment là que j’ai commencé à collaborer avec certaines marques ou hôtel lors de mes trips. Allier travail et voyages, que demander de plus !

Quel est votre moment préféré de la journée pour shooter en voyage ?

La photo en voyage avec Eglantine B.

Avec la découverte de la photo est venu une réelle passion pour la lumière. Je la cherche, joue avec elle,  elle fait partie intégrante de mes compositions. Elle change à elle seule un paysage, révèle les détails et donne toute sa dimension à une image. Mon appareil me suit toute la journée en voyage, peu importe l’heure ou l’endroit j’aime me laisser surprendre par les scènes de vie, les gens, les lieux insolites.

Par contre je sais en général à l’avance à quel endroit je vais photographier la fin de journée et le coucher de soleil . Avant chaque trips je fais beaucoup de recherche et repère quels seront « mes passages obligés » pour certains sunsets. J’aime les tons chauds des paysages en fin de journée, ils apportent beaucoup de douceur aux images.

Pour les mêmes raisons les crépuscules du matin ou du soir (ou blue hour) sont très intéressants en terme de luminosité. En général, ce sont aussi les moments où les spectateurs du coucher de soleil repartent et où ceux du lever de soleil dorment encore, ce qui donne l’impression de n’avoir le paysage que pour soi.

La nature s’éveille ou s’endort au rythme de la lumière et ce calme se ressent sur les images. Je programme aussi systématiquement toutes mes séances lyfestyle à ces moment là. J’ai l’habitude de dire que je vis au rythme du soleil quand j’ai mon appareil photo à la main, je pense que tous les photographes de paysages ressentent la même chose, comme si la lumière dictait nos journées.

Quel sont les objectifs indispensables que vous emportez toujours dans votre sac à dos ? Avec quel boîtier ?

Quand on voyage sac au dos la principale préoccupation est d’arriver à voyager léger mais efficace ! Je prenais souvent beaucoup de matériel au début de ma pratique puis me suis allégée avec les années. Nous avons chacun nos objectifs fétiches et ceux qui, au final, passeront 80% du temps dans le sac.

Depuis 2 /3 ans je pars donc toujours en voyage avec les 3 mêmes objectifs : 2 lumineux pour les portraits et les lieux ou les moments de la journée pendant lesquels il faut shooter en très basses lumières : mon 50mm 1.4 G et mon 35mm 1.4G. Ils sont légers et efficaces, j’aime shooter en focale fixe, bouger soi même pour trouver le bon angle, la bonne composition, j’ai toujours trouvé ça très formateur. En journée j’utilise principalement un 17-35mm ED Nikon 2.8. Il reste assez lumineux pour jouer en profondeur et donner plusieurs plans à l’image.

Depuis 3 ans je travaille avec  le Nikon D750. Encore une fois la question du poids du boîtier a été primordiale dans mon choix et le D750 fait parti des plus légers de la gamme me semble t-il. La prise en main est parfaite pour moi et l’utilisation des boîtiers Nikon reste très intuitive. Je ne ménage pas toujours mon matériel, dans certains pays les conditions de prise de vues peuvent être difficiles, je mets mes boîtiers à rude épreuve et le D750 ne lâche jamais rien !

Ma question du moment est celle du passage à l’hybride ,je reste à la recherche de la légèreté sans perdre en efficacité, la réflexion est en cours ….

La photo en voyage avec Eglantine B.

Quel est votre meilleur souvenir de shooting en voyage ?

La photo en voyage avec Eglantine B.

Tellement difficile de n’en choisir qu’un seul ! En 2019 nous avons passé 1 mois à traverser les Philippines en passant par plusieurs étapes de Siargao à Palawan.

Pendant ce trip nous avons décidé de faire une halte de quelques jours à Siquijor. Quand nous voyageons nous logeons 90% de temps dans de petites guest houses, on y vit avec les locaux et souvent d’autres routards comme nous.

Premier soir dans notre petite case posée sur une des immenses plages de Siquijor, fatigués par une longue journée rien n’était prévu si ce n’est se reposer et profiter. Allongée dans un hamac , j’observais juste le soleil se coucher une SanMiglight à la main. Les enfants jouaient sur la plage, déserte ce soir là, à marrée basse.

En quelques minutes le ciel s’est embrasé, j’ai juste eu le temps d’attraper mon boîtier de changer mon objectif pour shooter. Leur reflet sur l’eau, LA lumière parfaite, le ciel de feu, le calme, tout y était ! Je pense que tout se ressent sur les photos de ce soir là…

Mes meilleurs souvenirs de shooting en voyage sont souvent ceux là, ceux ou rien n’était programmé, ceux où on accepte de se laisser surprendre, la nature fait le reste.

Quels photographes vous inspirent ?

Je ne sais pas si je vais vous parler de photographes car, pour moi, l’inspiration est tellement plus vaste. Elle vient de tout ce qui m’entoure : une musique, un lieu, un moment, une sensation, une émotion. Je navigue quotidiennement sur la toile et y trouve tellement d’images inspirantes. Je m’arrête sur une plutôt qu’une autre parce qu’elle m’appelle, me parle , me donne envie de créer bref au feeling encore et toujours.

Ce qui m’inspire aujourd’hui n’est pas ce qui m’inspirera demain. Selon mon humeur et mon ressenti je peux être attirée un jour par des images plus dark et épurées mais la semaine suivante par quelque chose de plus lumineux et structuré.

Je me nourris d’images, de livres photos, de magazines et je pense que sans le vouloir mon inconscient sélectionne ce qui peut stimuler ma créativité et laisse le reste de coté de la même manière qu’une peintre traduit ses émotions sur sa toile mes photos parlent de moi.

Le plus important, je pense, et d’arriver à s’inspirer tout en gardant sa singularité, son authenticité et son processus créatif toujours intact.

Retrouvez le travail d’Eglantine sur son Instagram !

La photo en voyage avec Eglantine B.

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