Son et Lumière : Le festival de couleurs de Juliana Bernstein
Interview

Vous la connaissez peut-être sous le pseudo Get Tiny ou encore comme la nièce de Joël, pourtant, à seulement 25 ans, Juliana Bernstein s’est déjà fait un nom et une solide réputation dans le milieu de la photographie. De New-York à Los Angeles, des premiers concerts aux amours stellaires, elle mène une vie haute en couleurs au rythme de ses deux passions : la musique et la photo.

Son est Lumière : Le festival de couleurs de Juliana Bernstein

Qu’est-ce qui vous a amené à la photo ?

Mon oncle, Joel Bernstein. Il m’a offert mon premier appareil quand je devais avoir 7 ou 8 ans. Il était spécialisé dans la photographie musicale. Il a shooté des légendes du Rock’n Roll comme Joni Mitchell, Bruce Springsteen, Graham Nash, ou Prince, et a influencé l’esthétique de films comme Almost Famous. J’ai su que je voulais être photographe le jour où j’ai développé ma première photo dans une chambre noire, et à 13 ans, j’ai su, comme mon oncle, que je voulais me focaliser sur la musique.

Vous avez tout appris de votre oncle ou vous avez aussi suivi une formation spécifique ?

Entre 13 et 21 ans, j’ai passé le plus clair de mon temps dans des chambres noires. Il y a vraiment quelque chose de magique à développer ses propres photos… À l’age de 13 ans, j’ai commencé à prendre des cours du soir a l’ ICP (International Center of Photography) de New-York jusqu’à mes 17 ans, où j’ai été admise au programme de stages qui me permettait de travailler de façon plus autonome sur des projets plus personnels. À l’automne 2010, j’ai déménagé en Californie pour aller à l’université de Pitzer. Après mon diplôme, j’ai fait plusieurs petits boulots dans la photo, notamment comme photographe produit et assistante studio chez Forever 21. Mais quand j’ai vu que c’était compliqué de concilier un travail à plein temps avec mes projets personnels dans la musique, j’ai décidé de devenir photographe freelance à temps complet.

Son est Lumière : Le festival de couleurs de Juliana Bernstein

C’était quoi ces projets personnels dans la musique ?

J’ai toujours aimé faire des photos de concerts, dès que je pouvais. Mon premier gros projet, c’était à Coachella en 2010. À la même époque, mes amis de New-York ont crée Bass Squad, une société de production spécialisée dans l’organisation de concerts. Ils sont arrivés à ramener des gros artistes en ville, pour des petits showcase, et j’ai commencé à shooter pour eux. C’était ma première vraie expérience photo dans l’électro/dance d’ailleurs. Quand j’étais en Californie, je travaillais avec le blog The Untz, j’allais en concerts et festivals dès que j’avais un moment. Grâce à eux, j’ai pu me faire un solide portfolio, des laisser-passer, et un tas de super amis. J’ai toujours cherché à contacter des labels, des festivals ou des sociétés de production locales, et même des équipes médias.

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Et donc aujourd’hui, vos projets personnels sont finalement devenus vos projets professionnels…

La photographie et la musique ont toujours été les deux piliers de ma vie, donc c’est vraiment un rêve pour moi que ma carrière puisse les combiner. J’ai eu la chance d’avoir de grandes opportunités de collaborer avec tous ces gens qui m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. Je travaille maintenant avec des grandes équipes de production comme DoLaB, Desert Hearts, et Insomniac Events, et je travaille sur la tournée de Gryffin, un artiste aussi incroyable qu’adorable.

C’était une évidence de vous spécialiser dans la photographie musicale ?

Il y a plusieurs raisons, mais tout a commencé grâce à mon oncle, évidemment. Son travail a toujours eu une profonde influence sur moi. Et puis j’ai toujours adoré la musique, les concerts, les festivals… En fait, j’ai d’abord commencé à shooter en concert juste pour capturer des souvenirs de la joie que ça nous procurait à mes amis et moi.

En parlant de souvenirs, quelles sont vos meilleurs et pires souvenirs de photo ?

J’ai tellement de merveilleux souvenirs, et quelque part je crois que même ceux que je pensais les pires sont finalement devenus une part des meilleurs. Je dirais que ça va de ma toute première photo développée à ma première fois sur une nacelle élévatrice au Lightning in a Bottle Festival, ou encore quand j’ai photographié Graham Nash et Anderson .Paak au Vertex Festival. En 2017, c’était sans conteste l’éclipse en Oregon au Global Eclipse Gathering. Je n’avais encore jamais vécu un tel moment !

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Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans la photographie musicale ?

Définitivement, je dirais la musique elle-même, les live. En fait, c’est surtout ce que ça m’a inspiré au-delà de la musique, au-delà du genre. Shooter en festival et en concert m’a appris la valeur de la foule elle-même, l’énergie des individus, la magie d’un bivouac, d’une tente sous les étoiles… être capable de capturer des choses que même mes propres yeux ne pouvaient pas soupçonner.

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C’est ça votre approche de l’image aujourd’hui, aller au-delà du visible ?

Oui, surtout pour la photo musicale, mon but va bien au-delà de capturer une simple image. Je veux transmettre cette magie, ces émotions, donner au spectateur l’impression d’être au concert ou au festival, comme s’il dansait là sous les étoiles sur sa chanson préférée, les mains en l’air pointées vers la lumière, ou regardant un coucher de soleil dans les bras de ses potes, sentant le vent ou le soleil sur sa peau. Je pense que la photo est un moyen unique de montrer au monde sa perspective, et j’essaye d’avoir une approche vraiment cognitive, pour que mon point de vue soit pertinent, et qu’on puisse s’identifier autant que possible aux sujets de mes photos.

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Et il y a des photographes qui vous ont inspiré dans cette approche ?

En grandissant, j’étais inspirée par de nombreux photographes, allant d’Ansel Adams à Guy Bourdin en passant par Diane Arbus. En vieillissant, j’étais principalement inspirée par mon oncle Joël et des artistes comme Annie Leibovitz. Quand j’ai commencé à shooter en festival, des artistes comme Daniel Zetterstrom et Watchara Phomicinda m’ont beaucoup inspiré, tous deux travaillent pour DoLaB et continuent de m’inspirer. Maintenant je peux les considérer comme mes pairs, et c’est un rêve. Je suis constamment inspirée par tous ces photographes et amis qui travaillent dans ce milieu, des gens comme Aaron Glassman, Galen Oakes, Miranda McDonald, Kristina Bakrevski, Jake West, Julian Bajsel, Demian Becerra, Bennett Sell-Kline… pour n’en nommer que quelques-uns !

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En dehors de la musique, il y a d’autres thèmes qui vous inspirent ?

Les gens. Je me suis rendue compte que je photographiais beaucoup de couples ou d’instants romantiques en festival. Récemment, j’ai commencé à faire de plus en plus de photos de mariage, et j’ai découvert qu’en fait, c’était surtout l’amour que j’adorais photographier ! Il y a quelque chose de vraiment très spécial à saisir la passion entre deux êtres.

Et puis l’astrophotographie, être capable de photographier les étoiles au delà de ce que mes propres yeux peuvent percevoir. Du coup, j’ai commencé à mixer ces deux passions, pour faire des photos de moments uniques d’amoureux sous les étoiles.

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Vous utilisez le même matériel pour la musique et les étoiles ?

Je reste fidèle à mes Nikon D800 et D850 pour tous types de photos. J’aime le grand angle, donc j’utilise généralement mon objectif 14-24mm pour mes événements musicaux comme pour l’astrophotographie. Nikon a toujours été un nom familier chez moi. Je pense que j’ai découvert ces appareils à peu près en même temps que j’ai découvert les appareils photo. Et je continue à travailler avec des Nikon tant pour leurs capacités en basse lumière et faible éclairage que pour la gamme des couleurs qu’ils capturent, et la profondeur qu’ils donnent à ces couleurs. La couleur est la base de mon travail, et pour cela, les Nikon sont vraiment un outil très précieux !

On voit effectivement l’importance de la couleur dans votre travail. D’où vous vient cet amour des couleurs ?

J’ai étudié la photographie noir et blanc pendant un bon bout de temps avant de me tourner vers la couleur. Depuis que je shoote en numérique, je me rends vraiment compte à quel point la couleur est importante. J’aime jouer avec cette idée dans chaque image. J’adore voir comment un tout petit ajustement sur un bouton peut littéralement et drastiquement changer une image après un agrandissement. Ce que j’ai appris dans les chambres noires en développant mes photos m’aide d’ailleurs aujourd’hui énormément sur des programmes comme Lightroom et Photoshop pour éditer mes images.

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Et la suite s’annonce aussi colorée ?

J’espère pouvoir retourner à plusieurs festivals où j’ai l’habitude de shooter, avec toutes ces équipes que j’aime tant, et tous ces photographes que j’admire. Je vais aussi essayer de me consacrer davantage à la photographie d’amoureux, et d’être présente le jour le plus important de leur vie pour immortaliser tout ça, peut-être sous les étoiles !

Juliana Bernstein

Juliana Bernstein

Get Tiny Photography aka Juliana Bernstein est une photographe basée à Los Angeles, spécialisée dans l'univers musical.

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