Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie
Interview

En 2014 Nikon avait rencontré la talentueuse photographe Julie Cerise et décidait de vous dévoiler son univers poétique et féminin. Trois ans plus tard, l’équipe du Mag est partie à sa recherche, car entre temps elle avait changé de nom, pour connaître l’évolution de son travail, son rapport à l’image et ses nouveaux projets.

Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie

De Julie Cerise à Anaïs Kugel – Pourquoi avoir choisi de changer de nom ?

Julie et Cerise sont en fait mes deuxième et troisième prénoms. J’avais choisi de les utiliser comme pseudonyme à mes débuts, quand la photo était plus une passion « passe-temps ». En effet quand tout s’est mis en route, naturellement Julie Cerise est devenu mon nom de photographe, un peu malgré moi. Puis avec le temps, j’ai eu du mal à assumer le côté « candide » et j’avais l’impression d’être un peu schizophrène car tout le monde m’appelait Julie.

Il y a trois ans la femme semblait être un thème important dans votre travail, est-ce toujours le cas ?

Je les trouve toujours aussi inspirantes et expressives. Si je vivais avec une femme, je serais un paparazzi du quotidien insupportable.

Aujourd’hui, j’aime toujours la photo de mode, inventer des histoires. Cela m’amuse toujours autant qu’il y a 3 ans mais maintenant j’ai aussi envie d’aller un peu plus en profondeur : rencontrer ces femmes, les photographier comme j’ai pu le faire quand je travaillais pour le magazine Causette ou pour mon projet « Les petites bottes ont de grands pieds ». Pour cette série où j’ai photographié des femmes agricultrices, je suis partie à leur recherche sur les marchés ou je les ai rencontrées par le bouche à oreille.

Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie

Comment votre travail a-t ‘il évolué ces trois dernières années ?

Mon approche est plus spontanée qu’à mes débuts. Même si je prépare en amont des idées, des envies générales, j’essaye de laisser beaucoup plus de place au hasard et à l’improvisation. Je dirais également que mon style s’est un peu épuré. Je suis moins dans la mise en scène statique et plus dans l’instant, le mouvement, à la recherche du petit accident qui sonne vrai.

Je travaille toujours pour la mode, dont la mode enfantine. Et depuis quelques temps, je me suis tournée vers la réalisation de films, notamment pour des campagnes de publicité.

Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie

Quels sont les « maîtres » ou les photographes qui continuent à vous inspirer ?

Adolescente j’avais eu un vrai coup de cœur pour le travail de Sarah Moon. Mais je dirais que c’est le cinéma qui m’a le plus nourrie et qui continue à nourrir mon amour de l’image. Mon premier souvenir cinématographique est « La cité des enfants perdus » de Jeunet, qui est sorti l’année de mes 8 ans. Je le regardais en boucle.

Petite je ruinais ma mère en location de VHS au vidéoclub de mon quartier. Puis à l’adolescence je passais des heures dans les salles de cinéma. J’aime les réalisateurs aux univers forts, comme Michel Gondry, Miranda July, Wes Anderson, David Lynch…

Et après tout ce temps, toujours fidèle à Nikon dans votre travail ?

Le jour où j’ai essayé un D4, je suis tombée amoureuse de ce boîtier et de la marque. Je suis passée au Nikon D5 il y a peu, il est magique. J’aime son efficacité (auto focus/déclenchement rapide), sa fiabilité (après des années d’utilisation, je n’ai jamais eu de soucis avec aucun de mes boîtiers Nikon). C’est aussi confortable de pouvoir monter en sensibilité sans perdre en qualité.

Suivant mes différents projets, je travaille avec des objectifs Nikkor, au 58mm 1.4 et au 35mm 1.4.

Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie

Quels sont vos projets à venir ?

Le début de l’année 2017 a été chargé. J’ai beaucoup eu de prises de vue pour la mode dont la créatrice de robe de mariée Elise Hameau, John Richmond avec Vogue Bambini, la marque de prêt à porter Des Petits Hauts, ou encore Emile et Ida une ligne de vêtements pour enfants… et des shootings pour la publicité, notamment Leclerc.

 

Je suis partie en voyage en Californie où j’ai travaillé sur des projets plus personnels, dont une série d’autoportraits. Je repars d’ailleurs aux Etats-Unis sous peu, mais cette fois à Détroit puis à New York.

Et surtout j’ai un long métrage en court d’écriture dans mon tiroir si jamais vous connaissez un producteur aventureux et sympathique.

Redécouvrez « Un vent de fraicheur par Julie Cerise » sur le Mag.

Anaïs Kugel : Entre fantaisie et poésie

Anaïs Kugel

Anaïs Kugel est une photographe et réalisatrice basée à Paris.

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