Prix Bayeux 2020 : « La plus longue guerre » par Lorenzo Tugnoli

Reportage

Cet essai photographique explore l’évolution récente de la guerre en Afghanistan. Notamment, la puissance croissante des talibans, la lutte de l’armée afghane et l’appel des civils pris au milieu de cette longue guerre. Les images ont été prises lors de plusieurs voyages à travers l’Afghanistan rural en mission pour le Washington Post, dans les régions du pays les plus touchées par le conflit.

Depuis 1994, la ville de Bayeux, associée au Département du Calvados et à la Région Normandie, organise le Prix Bayeux Calvados des Correspondants de Guerre, destiné à rendre hommage aux journalistes qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d’accéder à une information libre. Ce reportage est lauréat du Prix Nikon 2020 dans la catégorie Photo.

La plus longue guerre : Prix Nikon 2020

Certaines des images montrent les talibans dans une zone qu’ils contrôlent à l’est de l’Afghanistan, un aperçu rare pour un groupe généralement secret. Une autre partie de l’histoire, celle qui se concentre sur l’armée afghane, a été réalisée dans la province de Ghazni. Cette zone du centre de l’Afghanistan a vu un nombre élevé de victimes parmi les forces de sécurité afghanes, elle est toujours le théâtre d’intenses combats et vraiment difficile à atteindre.

Enfin, l’essai traite de l’influence de l’État islamique en Afghanistan. Ce groupe est toujours actif, notamment dans la partie orientale du pays et sera un acteur décisif pour l’avenir du conflit.

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Un groupe de combattants talibans se réunit le matin dans le district de Khogiani. Abdul Rahman (centre), 20 ans, a rejoint les talibans il y a 6 ans. Il était fermier auparavant. Il a perdu une main en essayant de désamorcer une bombe. Certains membres de sa famille se sont battus contre l'occupation soviétique. Il dit qu'il serait heureux de retourner à l'agriculture quand il y aura un gouvernement islamique en Afghanistan, mais il ajoute également qu'il va manquer le djihad car

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Un groupe de combattants talibans se réunit le matin dans le district de Khogiani. Abdul Rahman (centre), 20 ans, a rejoint les talibans il y a 6 ans. Il était fermier auparavant. Il a perdu une main en essayant de désamorcer une bombe. Certains membres de sa famille se sont battus contre l’occupation soviétique. Il dit qu’il serait heureux de retourner à l’agriculture quand il y aura un gouvernement islamique en Afghanistan, mais il ajoute également qu’il va manquer le djihad car « c’est ce qui vous nourrit dans l’au-delà ».

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Un groupe de combattants talibans dans la matinée dans le district de Khogiani. Cette zone à l'ouest du pays a été au centre d'intenses combats entre les talibans, l'Etat islamique et l'armée afghane ces dernières années. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Un groupe de combattants talibans dans la matinée dans le district de Khogiani. Cette zone à l’ouest du pays a été au centre d’intenses combats entre les talibans, l’Etat islamique et l’armée afghane ces dernières années.

ACHIN, AFGHANISTAN - 28 NOVEMBRE: Abdul Mateen (à gauche), 45 ans, originaire du Pakistan, était membre de la police religieuse de l'Etat islamique à Achin. Il a empêché la culture illégale de drogues et s'est assuré que tout le monde payait cinq fois par jour. Il était membre des talibans pakistanais et est venu en Afghanistan lorsque l'armée pakistanaise a lancé une opération dans les zones frontalières. Il a ensuite prêté serment d'allégeance à l'Etat islamique avec les autres combattants. Rahmatullah Sufyan (à droite), 30 ans, est également originaire du Pakistan. Il était membre des talibans pakistanais et est venu en Afghanistan lorsque l'armée pakistanaise a lancé une opération dans les zones frontalières. Il a ensuite prêté serment d'allégeance à l'Etat islamique avec les autres combattants. Rahmatullah a été blessé dans une attaque de drone et il a passé deux mois alité à l'hôpital. Ils se sont tous les deux rendus aux forces afghanes avant la chute de l'Etat islamique à Achin et maintenant ils sont en détention. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

ACHIN, AFGHANISTAN – 28 NOVEMBRE :
Abdul Mateen (à gauche), 45 ans, originaire du Pakistan, était membre de la police religieuse de l’Etat islamique à Achin. Il a empêché la culture illégale de drogues et s’est assuré que tout le monde payait cinq fois par jour. Il était membre des talibans pakistanais et est venu en Afghanistan lorsque l’armée pakistanaise a lancé une opération dans les zones frontalières. Il a ensuite prêté serment d’allégeance à l’Etat islamique avec les autres combattants.

Rahmatullah Sufyan (à droite), 30 ans, est également originaire du Pakistan. Il était membre des talibans pakistanais et est venu en Afghanistan lorsque l’armée pakistanaise a lancé une opération dans les zones frontalières. Il a ensuite prêté serment d’allégeance à l’Etat islamique avec les autres combattants.

Rahmatullah a été blessé dans une attaque de drone et il a passé deux mois alité à l’hôpital. Ils se sont tous les deux rendus aux forces afghanes avant la chute de l’Etat islamique à Achin et maintenant ils sont en détention.

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Un groupe de femmes et d'enfants attendent d'être examinés dans la salle des sages-femmes de la clinique de santé de Zawa dans le village de Zawa. La zone est sous contrôle taliban mais les hôpitaux publics sont ouverts et les médecins reçoivent toujours des salaires de Kaboul. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Un groupe de femmes et d’enfants attendent d’être examinés dans la salle des sages-femmes de la clinique de santé de Zawa dans le village de Zawa. La zone est sous contrôle taliban mais les hôpitaux publics sont ouverts et les médecins reçoivent toujours des salaires de Kaboul.

ACHIN, AFGHANISTAN - 28 NOVEMBRE: Les civils ont regardé de retour dans cette région reculée du pays. Au cours du dernier mois de contrôle de l'Etat islamique, tous les civils qui n'étaient pas liés aux combattants de l'Etat islamique ont quitté la région en raison des combats intenses. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

ACHIN, AFGHANISTAN – 28 NOVEMBRE :
Les civils ont regardé de retour dans cette région reculée du pays. Au cours du dernier mois de contrôle de l’Etat islamique, tous les civils qui n’étaient pas liés aux combattants de l’Etat islamique ont quitté la région en raison des combats intenses.

ACHIN, AFGHANISTAN - 28 NOVEMBRE: Les villages étaient des militants de l'Etat islamique et leurs familles vivaient ne sont pas vides et en ruines. L'armée afghane avec le soutien aérien américain libère la surface du contrôle de l'Etat islamique mais très peu de maisons sont restées intactes. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

ACHIN, AFGHANISTAN – 28 NOVEMBRE :
Les villages étaient des militants de l’Etat islamique et leurs familles vivaient ne sont pas vides et en ruines. L’armée afghane avec le soutien aérien américain libère la surface du contrôle de l’Etat islamique mais très peu de maisons sont restées intactes.

GHAZNI, AFGHANISTAN - 2 DÉCEMBRE: Un soldat de l'ANA garde le périmètre d'une zone Shahabaz de la base de l'ANA. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

GHAZNI, AFGHANISTAN – 2 DÉCEMBRE :
Un soldat de l’ANA garde le périmètre d’une zone Shahabaz de la base de l’ANA.

GHAZNI, AFGHANISTAN - 2 DÉCEMBRE: Une équipe de déminage de l'armée nationale afghane a fait exploser un engin explosif improvisé trouvé sur la route Ghazni-Kandahar. Une équipe du camp Sultan cherche quotidiennement sur cette route des engins piégés et en trouve souvent un ou plusieurs qui ont été installés par les talibans la nuit précédente. Les engins explosifs improvisés sont l'une des principales causes de décès parmi les civils et les membres des forces de sécurité afghanes. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

GHAZNI, AFGHANISTAN – 2 DÉCEMBRE :
Une équipe de déminage de l’armée nationale afghane a fait exploser un engin explosif improvisé trouvé sur la route Ghazni-Kandahar. Une équipe du camp Sultan cherche quotidiennement sur cette route des engins piégés et en trouve souvent un ou plusieurs qui ont été installés par les talibans la nuit précédente. Les engins explosifs improvisés sont l’une des principales causes de décès parmi les civils et les membres des forces de sécurité afghanes.

GHAZNI, AFGHANISTAN - 3 DÉCEMBRE: Des membres des forces de police de Ghazni se tiennent au garde-à-vous à l'entrée d'un poste de police à l'extérieur de la ville de Ghazni. Les militants talibans attachent souvent les forces de sécurité afghanes la nuit. Certaines des bases subissent quotidiennement des tirs. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

GHAZNI, AFGHANISTAN – 3 DÉCEMBRE :
Des membres des forces de police de Ghazni se tiennent au garde-à-vous à l’entrée d’un poste de police à l’extérieur de la ville de Ghazni. Les militants talibans attachent souvent les forces de sécurité afghanes la nuit. Certaines des bases subissent quotidiennement des tirs.

GHAZNI, AFGHANISTAN - 3 DÉCEMBRE: Des véhicules blindés de l'armée afghane en patrouille dans la province de Ghazni. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

GHAZNI, AFGHANISTAN – 3 DÉCEMBRE :
Des véhicules blindés de l’armée afghane en patrouille dans la province de Ghazni.

LOY MANDAH, AFGHANISTAN - 23 FÉVRIER: Un groupe d'anciens des villages environnants attendent de rencontrer le commandant de la police locale à l'intérieur d'un avant-poste militaire dans le village de Loy Mandah. Cette zone près de la ville de Lashkar Gah a connu beaucoup de violence ces derniers mois. Cet avant-poste et les environs ont été constamment sous le feu des affrontements entre les forces de sécurité afghanes et les talibans. Pendant la réduction de la violence, il n'y a pas eu d'affrontements. Des soldats et des civils ont été vus marchant dans la rue et sur la rive du fleuve, des zones généralement exposées aux tirs de tireurs d'élite. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

LOY MANDAH, AFGHANISTAN – 23 FÉVRIER :
Un groupe d’anciens des villages environnants attendent de rencontrer le commandant de la police locale à l’intérieur d’un avant-poste militaire dans le village de Loy Mandah.

Cette zone près de la ville de Lashkar Gah a connu beaucoup de violence ces derniers mois. Cet avant-poste et les environs ont été constamment sous le feu des affrontements entre les forces de sécurité afghanes et les talibans. Pendant la réduction de la violence, il n’y a pas eu d’affrontements. Des soldats et des civils ont été vus marchant dans la rue et sur la rive du fleuve, des zones généralement exposées aux tirs de tireurs d’élite.

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Un groupe de combattants talibans déjeune dans une cachette dans une partie reculée du district de Khogiani. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Un groupe de combattants talibans déjeune dans une cachette dans une partie reculée du district de Khogiani.

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Un groupe de combattants talibans fait défiler leur équipement dans une cachette isolée du district de Khogiani. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Un groupe de combattants talibans fait défiler leur équipement dans une cachette isolée du district de Khogiani.

JALALABAD, AFGHANISTAN - 27 NOVEMBRE: Maman Malik Namas, 70 ans, est originaire du district d'Achin dans la province de Nangarhar. Il a quitté son village d'origine il y a cinq ans pour s'échapper de l'Etat islamique. Il vit maintenant avec sa famille dans un bâtiment abandonné à l'extérieur de Jalalabad, la capitale provinciale. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

JALALABAD, AFGHANISTAN – 27 NOVEMBRE :
Maman Malik Namas, 70 ans, est originaire du district d’Achin dans la province de Nangarhar. Il a quitté son village d’origine il y a cinq ans pour s’échapper de l’Etat islamique. Il vit maintenant avec sa famille dans un bâtiment abandonné à l’extérieur de Jalalabad, la capitale provinciale.

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN - 11 DÉCEMBRE: Les combattants talibans conduisent sur une route du district de Khogiani et arborent leur drapeau. La zone était auparavant contrôlée par l'État islamique puis reprise par les talibans. (Photo de Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto)

PROVINCE DE NANGARHAR, AFGHANISTAN – 11 DÉCEMBRE :
Les combattants talibans conduisent sur une route du district de Khogiani et arborent leur drapeau. La zone était auparavant contrôlée par l’État islamique puis reprise par les talibans.

Crédits photo : Lorenzo Tugnoli / The Washington Post / Contrasto

Lorenzo Tugnoli

Lorenzo Tugnoli

Lorenzo Tugnoli est un photographe italien basé au Liban qui couvre le Moyen-Orient et l'Asie centrale. Son travail est une exploration permanente des conséquences humanitaires des conflits dans la région.

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  1. de France Inès dit :

    Merci Lorenzo pour cet admirable reportage tant sur le plan des portraits que de la qualité des noirs profonds qui se combinent harmonieusement pour l’expression d’une grande humanité. Comme un chant vibrant et profond qui me donne envie d’en voir plus.
    Inès.