Nikon dans les films : la photographie au cœur de l’intrigue
Reportage

Quête initiatique, romance, guerre, espionnage, polar, thriller… le cinéma regorge d’exemples d’utilisation de boitiers et d’objectifs Nikon. Sélection non exhaustive de films où la photographie est au cœur de l’intrigue, sans être un simple placement produit.

Témoin de meurtre passés ou à venir

Le premier boitier Nikon (Nikon S2 Rangefinder télémétrique) au cinéma apparait dans la comédie musicale Haute Société (Charles Waters – 1956). Mais c’est bien Blow-Up (Michelangelo Antonioni, 1966), qui marque un tournant dans l’histoire du 7ème art et de la photographie. Non seulement par la figure de David Hemmings – inspirée par la vie du photographe David Bailey ; mais également par la place réservée à la photo, au cœur de l’intrigue. Le photographe de mode se retrouve témoin à posteriori d’un meurtre perpétré dans un parc. Il s’en rend compte au moment de l’agrandissement des tirages. Palme d’Or du festival de Cannes 1967, le film a inspiré bon nombre de grands réalisateurs. Une lignée de photographes s’en réclament. Pour Nikon, le film coïncide aussi avec la percée du Nikon F dans la culture populaire.

Autre exemple, Les Yeux de Laura Mars (Irvin Kershner, scénario de John Carpenter, 1978) qui inverse ici l’intrigue de Blow-Up. Le photographe est maintenant témoin à l’avance des meurtres d’un tueur psychopathe. Laura Mars, interprétée par Faye Dunaway, est une photographe reconnue pour ses clichés mêlant violence et sadisme. Elle commence à avoir un jour des visions horrifiques prémonitoires à travers l’objectif de son Nikon FM.

En devenir

Plusieurs personnages ont aussi pour objectif principal de devenir photographe.

La cité de Dieu (Fernando Meirelles, 2002) relate la trajectoire croisée de deux protagonistes dans une favela (cidade de deus) de Rio de Janeiro. Buscapé a pour ambition de devenir photographe et Dadinho rêve de devenir le criminel le plus célèbre de la ville. Une des photos de gangs de Buscapé, prise sur le vif entre deux feux, est remarquée par un journal local. Voyant son potentiel, on lui fournit un appareil professionnel : un Nikon F Photomic FTN.

C’est également le but de Mason dans Boyhood (Richard Linklater, 2014), film qui réussit la prouesse de suivre les mêmes acteurs sur 12 ans. Sa famille lui offre pour ses 15 ans un appareil Nikon avec lequel il fait ses premières armes.

Un destin tragique / une quête / la romance

Le photographe peut être fui et cela peut prendre la forme d’un destin tragique pour Romy Schneider dans L’important c’est d’aimer (Andrzej Zulawski, 1975), traquée par le Nikon F3 de Fabio Testi.

Le photographe peut aussi être activement recherché comme dans La vie rêvée de walter Mitty (Ben Stiller, 2013). Le film raconte la quête du fameux négatif 25 appartenant à Sean O’Connell campé par Sean Penn équipé d’un Nikon F3/T.

La photo peut être la justification d’un combat. Dian Fossey, interprétée par Sigourney Weaver, dans Gorilles dans la Brume (Michael Apted, 1989), a son Nikon F autour du cou pour approcher au plus près les gorilles qui la fascinent tant.

La romance peut également se lier à la photographie. On a pu le voir dans Annie Hall (Woody Allen, 1977) qui présente Diane Keaton en photographe équipée d’un F2 Photomic. Ou encore mieux dans Sur la Route de Madison (Clint Eastwood, 1995) qui raconte l’histoire d’amour improbable entre un photographe du National Géographic, baroudeur mais égaré, et une femme de fermier au foyer. Clint Eastwood est équipé d’un Nikon F et son moteur S36.

La guerre

La figure du reporter de guerre, au cœur des conflits, est surement la plus représentée dans le thème photographie et cinéma. Sydney Poitier est déjà à bord du destroyer Bedford, un Nikon F et un Nikon F Photomic aux bras, engagé en pleine psychose de la Guerre Froide dans Aux Postes de Combat (James B Harris – 1965). Soit la première d’une longue série d’apparition du Nikon F dans le genre.

En 1979, Dennis Hopper est complètement possédé dans Apocalypse Now de Françis Ford Coppola. Il accueille Martin Sheen dans l’antre du Colonel Kurtz, soit le parachèvement de cette longue descente aux enfers. Bardé de 4 Nikon F en bandoulière, Hopper imprègne toute sa folie en seulement 3 scènes. Son personnage serait inspiré par le photographe et acteur Sean Flynn, disparu au Vietnam en 1970.

Dans les années 80, le reporter de guerre prend les traits plus carrés de Nick Nolte, équipé d’un Nikon F Photomic FTN et d’un Nikon F2 pour couvrir la guerre civile au Nicaragua dans Under Fire (réalisé par Roger Spottiswoode, 1983). Le film interroge ainsi la neutralité journalistique et le pouvoir des images, la photographie passant tour à tour de preuve à manipulation.

Suivront dans le même genre, L’année de tous les dangers (Peter Weir,1983), La déchirure (Roland Joffé, 1984), Salvador (Oliver Stone,1986) ou le plus récent The Bang Bang Club (Steven Silver, 2010). Mais on retiendra ici toute la seconde partie de Full Metal Jacket (Stanley Kubrick -1987). Tout à la fois militaires et photographes, Matthew Modine « Guignol/Joker » et Kevyn Major Howard « Rafterman » sont au cœur du conflit. Ils sont contraints de communiquer positivement sur la guerre pour le magazine officiel de l’armée US Stars and Stripes. Les Nikon F et Photomic FTN sont légions.

L’espionnage / Polar / thriller politique

En 1965, un prototype du modèle sous-marin Nikonos 1 / Calypso 35 mm fait une apparition dans les mains de Sean Connery qui campe l’éternel James Bond dans Opération Tonnerre (Terrence Young, 1965). L’agent le plus secret de sa majesté utilise alors le Nikonos pour explorer le bateau du Spectre qui mouille dans les eaux des Bahamas. Les boitiers Nikon seront également vus dans Les diamants sont éternels ou L’homme au pistolet d’or (Guy Hamilton, 1971 & 1974).

Les films d’espionnage et les polars de la fin des années 60 et du début des années 70 vont ainsi faire la part belle à la monture F de Nikon : L’étau / Topaz (Alfred Hitchcock, 1969), Z (Costa-Gavras, 1969), French Connection (William Friedkin, 1971). Filature, observation, enquête, l’appareil photo devient le compagnon des thrillers, comme l’a parfaitement montré Francis Ford Coppola en 1974 dans Conversation Secrète. Gene Hackman, Nikon F autour du cou, y interprète Harry Caul qui doit surveiller un couple et enregistrer leurs conversations.

Un saut dans les années 90 pour retrouver le F4 dans les mains de Robert De Niro dans Heat (Michael Mann, 1995). La scène du « We just got made ! » montre la troupe des flics d’Al Pacino prise au piège de leur propre filature. Volontairement conduits dans des entrepôts désertiques, ils sont ainsi tranquillement pris en photo par le téléobjectif de Robert De Niro.

Thriller Politique

Du côté du thriller ou de la chronique politique, quand le pouvoir se joue aussi par la conquête de l’image, on citera Bobby (Emilio Estevez, 2006). Robert Kennedy dit « Bobby » alors en pleine campagne présidentielle, est mitraillé par les objectifs Nikon F Photomic FTN lors de son séjour à l’hôtel Ambassador de Los Angeles. Juste avant son assassinat en 1968…

Dans un autre registre, Forest Whitaker interprète un Amin Dada saisissant de réalisme dans Le dernier roi d’Ecosse (Kevin Macdonald, 2006). Ses discours sont aussi ponctués par les crépitements du Nikon F Photomic.

Les séries policières

Terminons ce tour d’horizon du côté des séries policières qui abondent de scènes d’observation minutieuse. Colombo, Magnum, mais surtout The Wire (par David Simon, 2002-2008), qui dresse le portrait de la ville de Baltimore sous tous ses angles : police / trafiquants / syndicats / politiques / élèves / journalistes. On se souviendra longtemps des scènes où Bulbes fait essayer des chapeaux rouges aux présumés dealers du gang d’Avon Barksdale. Ou lorsque McNulty et Bunk suivent de leur voiture le Grec. Le Nikon F2 n’est jamais loin.

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